Survivante - Chapitre 3


Cha. D.

Publié le 12/09/2021 16:35

25 mins de lecture

L’entrainement continu et dure trois jours, trois jours pendant lesquels on apprend à survivre en zone de guerre, à se défendre et surtout que l’on doit se faire confiance. Plus facile à dire qu’à faire. Malgré les risques, je reste convaincue que je ne peux faire confiance à personne. Avec mes révélations sur mon passé, je savais qu’ils ne me ferraient pas de cadeau et ça a été le cas. Pendant trois jours ils m’ont surmené comme pour me faire payer ce que j’avais fait. Mais je n’ai jamais rien dit et j’ai tout encaissé en silence. Seul Cain n’a pas été dur avec moi. Il commence à gagner mon estime et, même si je ne l’admettrai jamais, je l’apprécie de plus en plus.

Le grand jour arrive. Je n’ai pas beaucoup dormi peut-être même moins que d’habitude. Je suis stressée. A l’aube je retrouve le reste de l’équipe devant le grand portail. Shadow et Tender finissent de charger la Jeep améliorée qui va nous servir de refuge pendant cette mission. Cain inspecte les sacs de provisions et Strike discutent avec le colonel. Je les observe de loin en appréhendant le départ.

- Ne t’inquiète pas, tu es prête.

Marcus me sort de mes pensées et en posant sa main sur mon épaule il ajoute.

- Je sais que tu ne l’avoueras jamais devant tes camarades mais tu es morte de trouille, n’est-ce pas ? (Je souris en baissant la tête) C’est normal d’avoir peur. N’oublie pas que ressentir de la peur …

- … c’est être conscient des risques, finis-je par dire. Tu me l’as assez répété pour que je ne l’oublie pas.

- Je suis fier de toi, ajoute-t-il en me prenant dans ses bras.

Je ne réponds rien je me contente seulement de fermer les yeux pour retenir les larmes qui menacent de couler.

Une fois les adieux terminés, je prends place à l’arrière de la Jeep. Tender est au volant, Shadow joue les copilotes. A l’arrière Cain est assis à côté de moi et Strike en face de nous. L’imposant portail s’ouvre et je serre les points pour retenir ma peur. Cain le remarque et pose sa main sur la mienne.

- Ne t’inquiète pas, je te protège, me dit-il alors que je tourne mon regard vers lui.

Je ne réponds rien, je regarde droit devant moi.

Il y a 600 kilomètres entre la base militaire et la côte espagnole où se trouve le camp. Mais comme nous sommes en terrain hostiles nous ne pouvons pas prendre la grande route. Et bien sûr Shadow choisi les routes les moins praticables possible. Le trajet qui devait nous prendre six heures en temps normal, nous en prends dix.

Au bout de cinq heures à se faire secouer dans tous les sens Cain supplie Strike de nous accorder une pause.

- Très bien, mais cinq minutes pas une de plus, rétorque-t-il. Tender, Shadow sécurisé le nord. Cain avec moi pour le sud. Et vous vous restez là, me lance-t-il en descendant de la voiture.

- Quoi ? Non, hors de question que je reste enfermée dans cette boîte de conserve, répliquai-je en descendant à mon tour. Et puis j’ai besoin de pisser.

- Alors faites vite, m’ordonne-t-il. Et ne vous éloignez pas trop, ajoute-t-il dans mon dos.

- Oui papa, marmonnai-je en m’enfonçant dans la forêt.

C’est la deuxième fois que je vois les zones hors enclaves, celles qui sont dévastées par la guerre. La première fois j’étais dans la voiture qui me conduisait au camp et, déjà à l’époque à travers les fenêtres, le paysage était désolant. Aujourd’hui ça me frappe à nouveau mais autre chose me frappe aussi en m’enfonçant dans la forêt : la beauté de la nature qui tente de reprendre sa place. Plus j’avance et plus la végétation est luxuriante, des papillons volent autour de moi et j’entends même quelques oiseaux timides. Le paysage qui se dessine devant moi m’éblouis et j’en oublie presque ce que je suis venue faire.

- Bizarre que Strike ne soit pas encore venu me chercher, marmonnai-je en remontant ma braguette.

Soudain un bruissement me fait sursauter. Je me retourne pour scruter les buissons mais je ne voie rien. Un autre bruit et j’attrape mon arme à ma ceinture. Je me redresse prête à tirer sur la personne ou l’animal qui me rôde autour. Les secondes passent et mon cœur bat de plus en plus vite. Ne voyant personne je me dirige vers la Jeep en scrutant les alentour, mon arme toujours à la main.

Lorsque je sors du bosquet je tombe nez à nez avec Cain.

- Oh, oh on se calme, range ton arme avant de blesser quelqu’un, me dit-il en levant les mains.

- Putain, tu m’as fait peur, dis-je en rangeant l’arme. Tu pourrais être plus discret quand tu m’espionnes, répliquai-je en le bousculant pour passer.

- Quoi ? Je ne t’espionne pas, Strike m’a demandé de venir te chercher, c’est tout, se justifies-t-il.

- Ouais bah, t’es pas très discret quand tu rodes dans les parages. Même un éléphant ferait moins de bruit que toi dans cette forêt.

- Mais de quoi tu parles, je ne me suis pas plus enfoncé dans la forêt.

Je me retourne sans comprends. Si ce n’était pas lui, alors qui était-ce ? Strike s’approche de nous l’air énervé.

- Ne disparaissez plus comme ça, ok ? me dit-il en me prenant par le bras.

- ça va, je suis là, répondis-je en me dégageant vivement.

- Cha, je te jure que je ne t’observais pas, me dit Cain dans mon dos. Qu’est-ce que tu as entendu ?

- Rien, répliquai-je en me dirigeant vers la voiture.

Soudain la Jeep s’affaisse devant moi et lorsque je m’approche de la roue je trouve une flèche.

- Euh boss, je crois qu’on a un problème, dis-je sans me retourner.

- Cha …

- Ouais, un gros problème, le coupai-je en décrochant la flèche du pneu. Ça vient d’où ça ? demandai-je en me retournant.

Mon regard se pose alors sur mes coéquipiers tenus en joue par des hommes avec des lances et des arcs.

- Je crois que j’ai ma réponse, dis-je en levant les mains à mon tour.

- Faites ce qu’ils veulent, nous ordonne Strike. Ce sont des indigènes, ils ne nous feront aucun mal.

Un homme avec une grande coiffe en plume sur la tête s’approche de moi, j’en déduis que c’est leur chef. Il me regarde avec insistance et un sourire étrange se dessine sur son visage. Il me fait un peu peur mais je ne peux pas dégainer mon arme sans risque la vie de mes coéquipiers.

- Vous êtes sûr qu’ils sont inoffensifs ? demande Shadow. Leurs lances ont l’air pointues, très pointues, ajoute-t-il alors qu’un indigène s’approche de lui.

Le chef se rapproche encore plus proche de moi et me fixe. Soudain il cri quelque choses à ses hommes. Je ne parle sa langue mais le ton qu’il emploie ne présage rien de bon pour moi. Et j’en ai confirmation lorsque deux hommes me forcent à les suivre. Cain et les autres tentent de leur en empêcher mais ils leur donnent de grands coups dans les côtes. Je me débats à mon tour mais je reçois un grand coup derrière la tête qui me fait perdre connaissance. Avant de sombrer j’entends Cain hurler :

- CHA, NON…

J’ai froid et j’ai mal à la tête. J’essaie de me frotter le visage mais je ne peux pas bouger les bras. J’ouvre difficilement les yeux, je suis éblouie par une lumière vive. Mes yeux s’acclimatent à la lumière et je distingue des formes autour de moi. Je suis dans une cabane sans meubles mais au milieu de la pièce un feu brule. En baissant les yeux je constate que je suis assise par terre et attachée à un poteau. Je remarque aussi qu’ils m’ont retirés ma veste, mon gilet pare-balle, mes chaussures et surtout mes armes.

- Ok, je vais devoir improviser, chuchotai-je en regardant autour de moi pour trouver une solution.

Soudain un homme entre dans la cabane. Il porte des rangers et un treillis, c’est un occidental. Mais pourquoi est-il ici ? Il n’a pas l’air d’être là pour m’aider. Il s’approche de moi et je remarque le couteau qu’il a à la ceinture.

- Non, non, n’y pense même pas, dit-il alors que je regarde son arme. Tu ne pourras pas sortir d’ici en vie si tu fais ça.

- Qui êtes-vous ? demandai-je.

- Ah, la question n’est pas qui je suis mais pourquoi toi, tu es là, répond-t-il en s’accroupissant devant moi. Tu vois, si tu es encore en vie c’est grâce à moi. Je les ai convaincues que tu pouvais encore leurs servir.

Le ton qu’il emplois ma glace le sang et lorsqu’il sort sa dague pour me poser le plat de la lame sur la joue je frissonne.

- Je viens m’assurer que c’est le cas, ajoute-t-il en me caressant la joue. Tu es jeune et en bonne santé.

Il fait glisser sa lame dans mon cou. Je détourne la tête et tente de me dégager de son emprise.

- Tu as été entrainé, tu es donc musclée et tonique, ajoute-t-il en effleurant ma clavicule. Mais ce t-shirt est bien trop opaque pour voir quoi que ce soit.

D’un geste brusque il déchire mon débardeur découvrant ainsi mon soutien-gorge.

- Là, oui c’est beaucoup mieux.

Des larmes coulent sur mon visage, mais pas des larmes de tristesse ou de peur, non, des larmes de colère. Je boue de rage.

- Je vais vous tuer, dis-je entre mes dents.

Il me sourit avant de se pencher. Il effleure ma joue de son nez et je tourne la tête plus fort pour ne plus sentir sa peau contre la mienne.

- Tu n’en auras pas l’occasion, me chuchote-t-il à l’oreille alors que je sens sa lame déchirer mes liens. Dans quelques minutes tu seras vendue aux enchères à un homme de la tribu pour que tu lui donne des héritiers.

J’ai du mal à comprendre. Sans le vouloir la peur s’insinue en moi. Il me regarde en souriant avant de se redresser. Je fais de même en essayant de trouver une arme pour me défendre mais la pièce est vide. Le seul moyen que j’ai de m’en sortir et de lui prendre son couteau. Allé, tu as été entrainé pour ce genre de situation. Réfléchis ! Avant qu’il ne quitte la cabane, je reprends mes esprits et je me jette sur lui. Malheureusement, il doit faire au moins deux têtes de plus que moi et je n’arrive pas à le maitriser. Il me jette au sol violement. Je me relève et le frappe dans les côtes et au visage. Il riposte et m’envoie encore une fois au tapis. Mais cette fois-ci je l’entraine avec moi. Je lui bloque les haches avec mes jambes et je lui donne plusieurs coups au visage et sur la tête. Il me frappe dans le ventre et les hanches avant d’attraper me bras et de les bloquer au-dessus de ma tête.

- Arrête de te fatiguer, tu ne fais pas le poids.

Il s’écrase un peu plus sur moi, me bloquant la respiration. En approchant son visage à quelques centimètres du mien il ajoute :

 - Même si tu es très bandante comme ça, je n’ai pas le droit de te toucher si je veux être payé. Mais croit moi tu es tout à fait mon genre, ajoute-t-il en m’embrassant de force.

Je lui crache au visage et il se met à rire avant de me frapper pour me mettre KO. Je ne perds pas connaissance mais je suis trop faible pour riposter. Il me laisse sur le sol et quitte la pièce en riant. Quelques secondes plus tard, deux hommes du village entrent pour m’attacher et m’entrainer hors de la cabane.

Dehors, la nuit est tombée mais tout le village est là pour faire la fête. Des cris et de la musique se font entendre dans tout le camp et lorsque j’arrive au centre du village l’homme avec la coiffe m’attend sur une grande estrade. L’occidental est debout en bas des marches et il me regarde en souriant lorsqu’ils me conduisent sur l’estrade. La foule qui s’est rassemblée devant nous est impressionnante et je remarque qu’elle est exclusivement constituée d’homme. L’occidental me rejoint et se place à ma gauche.

- Je vais traduire pour que tu comprennes ce qu’il va t’arriver, me dit-il en se penchant vers moi.

Le grand chef commence à parler et mon traducteur sourit avant de traduire.

- « Mes amis, nous sommes réunis aujourd’hui car nous avons ramené de la chasse un spécimen rare … »

Il s’approche de moi et me fait avancer. Le village applaudis et hurle de joie. Puis le chef reprend :

- « N’est-elle pas magnifique ? me traduit l’occidental en s’approchant. Et elle n’a encore jamais été monté ... » Oui bon ok, je n’ai peut-être pas vérifié ce détail mais vue ce que tu me rapporte je m’en fiche que tu sois vierge ou non.

A partir de ce moment-là, je perds le fil de la conversation. Je dois trouver un moyen de me sortir de là. Je dois trouver un moyen de prévenir les autres. Enfin s’ils sont toujours en vie. Je regarde autour de moi pour trouver une issue mais je n’en voie aucune. La scène est entourée d’homme armé et le village est si grand que je n’arrive pas à trouver la sortie. Je pourrais prendre une arme à un garde mais je me ferais arrêter et sûrement tuer avant de toucher le sol. Je ne vois aucune solution.

Des hurlements plus forts me ramènent au moment présent et l’occidental se penche vers moi.

- Tu as été vendue pour six fois le prix que j’avais espéré (je frissonne). Et je te présente ton nouveau maître, ajoute-t-il en me tournant le visage vers un homme à la carrure impressionnante qui monte sur scène.

L’homme me regarde comme s’il allait me dévorer et mon cœur s’arrête. Je tente de me débattre lorsqu’il m’attrape mais il est bien trop fort. Il me jette sur son épaule et quitte l’estrade sous les applaudissements de ses congénères. Je me débats de toutes mes forces, je lui frappe le dos et je hurle mais rien n’y fait. Il traverse tout le village et il me dépose dans une grande cabane qui est presque plongée dans le noir. Malgré l’obscurité, je peux voir ses yeux briller d’envie lorsqu’il me regarde.

Je rampe pour m’éloigner de lui mais je me retrouve coincée contre un mur. Il s’approche de moi et lorsqu’il lève la main pour attraper mon t-shirt qui pend, je le frappe au visage. Je l’entends grogner avant de me frapper à mon tour. Son coup est si fort que je tombe à terre. Il s’approche de moi mais je tente de fuir. Je me débats et je tente de lui donner des coups de pieds mais il m’attrape les jambes et me les bloquent sous lui. Il déchire entièrement mon t-shirt avant de me frapper au visage pour me faire taire. Ma vision se trouble et je sens du sang couler sur ma joue. Il marmonne quelque chose que je ne comprends pas avant de m’arracher mon pantalon. Je me débats de plus belle quand il pose ses mains sur mes hanches mais il me donne un nouveau coup pour me faire taire. Je n’ai plus la force de me débattre, seules mes larmes coulent sur mes joues. Une fois calmée, il se redresse et m’entraine dans le fond de la pièce. Il me balance sur ce qui semble être un lit. Il attrape une corde pour m’attacher au barreau avant de me retourner violement pour me mettre sur le ventre. Lorsqu’il pose ses mains sur mes fesses je hurle de terreur mais mon cri est couvert par celui des villageois. Des coups de feu se font entendre et mon bourreau se redresse avant de quitter la pièce précipitamment.

Je pousse un long soupire pour calmer mes sanglots mais je ne suis pas tirée d’affaire. Je me redresse et je tente de tirer sur mes liens mais rien ni fait je suis coincée. Je regarde autour de moi mais je ne vois rien, les lumières du camp sont éteintes et à part le flash des coups de feu je ne voie rien. Seuls les bruits trahissent les événements qui s’y déroulent.

Soudain j’entends des voix parler dans ma langue et une silhouette apparait dans l’encadrement de la porte. Je ne bouge pas et tente de ne faire aucun bruit mais mes sanglots me reprennent et me trahissent. L’homme devant la cabane se retourne et pointe sa lumière sur moi. Je cris de peur en me couvrant les yeux.

- Cha ? … Cha, je suis là.

Je reconnais la voix de Cain.

- Eliot ? demandai-je d’une voix tremblante.

- Oui, je suis là … Je l’ai trouvé, hurle-t-il au reste de l’équipe que je vois se déployer devant la cabane. Est-ce que ça va ? Qu’est-ce qu’il t’on fait ? me demande-t-il en me détachant.

Je ne réponds pas, je me contente de me jeter à son cou lorsqu’il m’a libéré.

- Eh, ça va aller, je suis là, me rassure-t-il en me serrant contre lui.

Il retire sa veste et la passe sur mes épaules pour me couvrir. Elle est suffisamment longue pour me couvrir les fesses. Strike entre à son tour.

- Est-ce que ça va ? Vous êtes blessée ? me demande-t-il.

Je hoche la tête pour répondre, il poursuit :

- Le village est sécurisé, les hommes qui nous ont attaqués sont maitrisés. Nous pouvons y aller.

Je me lève et me dirige vers lui.

- Non, j’ai quelque chose à faire d’abord, dis-je en enfilant mon pantalon.

Je sors de la cabane suivie par Cain et Strike. Je marche vers le centre du village et j’y trouve le chef et ses hommes attachés les uns à côté des autres. Puis mon regard se pose sur l’occidental. Il est aussi attaché mais il a sur le visage un sourire narquois. Lorsque je m’approche de lui il dévoile ses dents.

- Alors poupée, tu as pris ton pied avec mon ami ? Il parait qu’il en a une …

Je ne lui laisse pas finir sa phrase, je lui envoie un coup de pied dans la mâchoire. Il tombe à terre en crachant du sang et je me penche pour lui attraper les cheveux.

- Tu n’es qu’une petite merde et je vais te faire regretter d’être venu au monde, dis-je en l’entrainant dans la cabane où il m’a retenue prisonnière.

Cain me suit sans dire un mot. J’attache l’homme sur une chaise et en enfilant mes chaussures je dis à Cain :

- Laisse-moi, j’ai mes comptes à régler avec lui.

Il s’approche de moi et me prend le bras.

- Tu n’es pas obligée de faire ça, on peut juste rentrer.

Je tourne mon regard vers lui et en me dégageant je lui réponds :

- Cet homme m’a vendue en sachant que j’allais me faire violer. Je ne suis probablement pas la seule à qui il a fait ça. Alors non, je ne vais pas juste rentrer. Dégage maintenant.

Je me retourne vers mon prisonnier et je m’approche de lui.

- Tu n’as pas les couilles de me tuer, me dit-il en riant. Je n’ai pas peur de toi.

- Qui t’a dit que j’allais te tuer tout de suite, répondis-je avec un sourire sadique.

Je lui envoie un coup au visage puis un autre et encore un autre mais tout ce que j’obtiens ce sont ses rires. Après l’avoir cogné à plusieurs reprises, j’attrape sa dague et la lui planque sous le menton.

- C’est quoi ton délire ? demandai-je alors que je ballade la lame sur son cou. Tu aimes lire de la peur dans les yeux de tes victimes, c’est ça ?

Je glisse la lame sur la boutonnière de sa chemise et fait sauter tous les boutons.

- Tu pensais vraiment que je n’allais pas me venger ? demandai-je en faisant courir l’arme sur son torse. Tu croyais vraiment que j’allais te laisser t’en tirer comme ça ?

Lorsque la lame arrive au niveau de sa ceinture, je le sens se crisper. Je baisse les yeux sur la pointe.

- ça y est je vois de la peur, dis-je en le regardant droit dans les yeux.

- Tu n’oseras pas, me dit-il les dents serrées.

- Tu crois ? répondis-je en donnant un grand coup vers le bas.

Il pousse un cri et je vois des larmes perler près de ses yeux. Je n’ai fait que déchirer son pantalon et il est déjà mort de trouille. Quelle mauviette !!

- Ne fais pas ça, me supplies-t-il. OK, OK, je m’excuse, j’ai été trop loin. Pardon.

- Tu t’excuses ? demandai-je perplexe. Tu me demandes pardon ? Non tu ne mérites pas mon pardon. Tu n’es qu’une merde, dis-je en sentant la colère battre en moi. Je vais te faire payer ce que tu m’as fait et ce que tu as fait à d’autre.

Je pose ma lame sur ses testicules et je le regarde droit dans les yeux. Lui me supplie de ne pas faire ça, il pleure maintenant et à chaude larme. Je lui attrape la nuque pour le forcer à me regarder et un sourire se dessine sur mon visage quand je vois la peur se transformer en terreur.

- Je vais t’éventrer en commençant par les couilles, murmurai-je à son oreille avant de l’entendre hurler lorsque ma lame s’enfonce dans sa chair.

- SERGENT WALKER !! hurle Strike dans mon dos.

Je tourne lentement la tête vers lui et je le trouve avec Cain derrière moi près à se jeter sur moi.

- Posez ce couteau, me dit-il doucement.

- Dégagez tous les deux, ça ne vous regarde pas, répondis-je en me tournant vers mon prisonnier.

- Non, vous ne ferez pas ça, vous n’êtes pas une meurtrière, me dit Strike en s’approchant. Cet homme est peut-être la pire merde qu’on n’est jamais vue mais vous ne pouvez pas le tuer. Ne vous abaissez pas à son niveau.

Plus il parle, plus il s’approche de moi. Moi je n’ai pas cessé de fixer l’homme dans les yeux. Lorsque Strike pose sa main sur mon épaule, je décide de laisser tomber mon arme. L’homme souffle et la peur laisse place à la colère.

- Je savais que tu ne le ferais pas, tu n’es qu’une mauviette, me crache-t-il.

Je regarde Strike qui me murmure de ne pas l’écouter mais la colère est plus forte. Je fais sauter la lame dans ma main et la balance dans sa direction, elle vole de longues secondes avant de se planter dans son testicule gauche. L’homme se met à hurler et je me penche pour lui murmurer à l’oreille.

- Tu penseras à moi à chaque fois que tu te branleras.

Je me redresse et Strike me fusille du regard.

- Estimez-vous heureux que je ne lui ai pas tiré une balle entre les deux yeux, dis-je en quittant la pièce.

Une fois dehors je me dirige vers la Jeep pour me changer. Cain me rejoint au bout de quelques minutes.

- Une équipe est en chemin, ils seront là dans une heure, me dit-il alors que j’enfile une veste. Tu es blessée, ajoute-il en prenant mon visage.

- ça va, c’est juste une égratignure, répondis-je sèchement.

- Strike pourra y jeter un coup d’œil quand il en aura fini avec l’autre gras.

Le ton qu’il emploi me laisse comprendre qu’il n’approuve pas. Je le regarde en fronçant les sourcils.

- Si tu as quelque chose à me dire, dit le, au lieu de tourner autour du pot.

Il soupire avant de s’approcher plus près.

- Pourquoi tu as fait ça ? me demande-t-il. Tu aurais pu le tuer.

- Et alors ? Ce mec vend des êtres humains pour son profit. Qui sait combien de femme se sont fait violées à cause de lui.

Je ferme les yeux pour retenir la colère qui monte en moi.

- Crois-moi, j’aurais pu le tuer... Désolée de te décevoir, ajoutai-je en le voyant dans son regard.

Je ne le laisse pas répondre et je m’éloigne dans l’obscurité.

Une fois l’équipe de secours sur place nous reprenons la route. Avant de repartir Strike me prend à part. Je sais que je vais avoir droit à un serment.

- Je sais que vous avez vécue quelque chose de traumatisant, mais je ne tolèrerais plus d’incartade de ce genre. Est-ce que c’est clair ?

Le ton qu’il emploie est froid et presque dénué d’empathie. Je serre la mâchoire avant de répondre.

- Oui, boss.

- Ne vous amusez plus à me désobéir, c’est bien compris ? ajoute-t-il en s’approchant de moi.

Il me regarde comme si c’était moi la coupable dans cette histoire. Je n’en reviens pas qu’il ose me parler comme ça, après ce qu’il s’est passé. Je serre les points si forts que je sens mes ongles incruster ma peau. Je fais un pas vers lui pour le regarder droit dans les yeux.

- Vous n’avez pas idée de ce que j’ai pu ressentir alors que vous deviez me protéger.

Il plisse les yeux et avant qu’il puisse répondre j’ajoute :

- Ne vous avisez plus jamais de me parler comme ça. Vous devriez vous estimer heureux que je n’aie pas été violé dans cette cabane, parce que j’aurais mis le feu à ce village et bruler tous ceux qui s’y trouvaient.

Je le fixe quelques secondes pour appuyer mes propos et m’assurer qu’il ait bien compris, avant de rejoindre le reste de l’équipe dans la Jeep. Strike monte à son tour et nous reprenons la route en silence.