Roussalka § 4


Magdala Hathor

Publié le 17/07/2020 02:34

27 mins de lecture

Русалка


IV.    Incorporation d’un ange


     Je me promenais ainsi depuis trois jours. La nuit, je m’installais dans un arbre où j’attachais mon baluchon pour y dormir dedans. Je me nourrissais de cueillette et un peu des réserves que j’avais. Je ne m’étais jamais éloignée autant de l’endroit qui était mon chez moi et qui maintenant n’était plus que cendre. Mais le paysage était toujours le même : la forêt à perte de vue. Mmmm, cette forêt que j’aimais tant . J’avais l’impression que tant que je resterais en elle il ne m’arriverait jamais rien de mal. Mais je savais que cette impression était fausse. Mes parents vivaient dans cette forêt quand ils avaient été assassinés.

     C’était le matin, j’étais en haut d’un arbre en train de détacher mon ballot pour me le remettre sur le dos avant que de redescendre  sur le sol pour poursuivre mon chemin. Je perçus à ce moment là un bruit que je n’avais encore jamais entendu. Un bourdonnement qui se rapprochait. Ca venait du ciel. Mais qu’est ce que c’était encore que ce truc ? Ca volait, c’était gros et semblait avancer lentement. Ca n’était pas un oiseau ça, ihihih. C’était tout gris et tiens donc, c’était marrant ça : ça avait une petite étoile rouge sur la queue et aussi le numéro 21 marqué sur le coté. Je ne savais pas ce que c’était mais c’était manifestement humain ce truc là. Mais qu’est ce que ça faisait ici ? Cela semblait tourner comme si ça cherchait quelque chose. Tiens, mais ce truc était en train de faire… caca ihihih. Oui, ça larguait des… humains. Oui c’était des humains pendus à un bout de tissus qui tombaient lentement sur la forêt. En tout ce machin se soulagea d’une trentaine d’hommes. Et ben, il avait vraiment envie, hein, ihihih. Il devait se sentir plus léger maintenant. Peut être qu’il n’arrivait pas à digérer les humains ihihih. Mais pourquoi donc venir faire ces besoins ainsi sur la forêt ? Il ne pouvait pas faire ça chez lui non ? Et maintenant il s’en repartait comme si de rien n’était. N’empêche c’était trop rigolo ça. Il fallait que j’en sache plus. Je suis donc aller voir toutes ces crottes d’humains de plus près ihihih. En plus elles n’était pas tomber loin. Je descendis vite de mon arbre et me dirigeais vers leurs points de chute. En arrivant j’entendis des plaintes et aussi pas mal de jurons en russe. Je supposais que ça ne devait pas être agréable d’être le caca de ce gros machin volant ihihih. Quand j’arrivais sur le lieu ce fut un spectacle aussi rigolo qu’étrange qui me fus donné : ces hommes n’étaient plus des crottes volantes mais plutôt des baies pendus à leurs arbres attendant qu’on viennes les cueillir ihihih. Mais ils ne m’avaient pas l’air d’être mûr encore. Ils étaient tous encore tout vert ihihih. Là je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Ce qui provoqua le silence brutal de ces fameux fruits. En effet, trop occupés à se débattre en vain pour tenter de se décrocher, à jurer et à se plaindre, ils ne m’avaient pas entendu venir. Et il sembla que la vue subite d’une fille rousse et nue de dix ans, seule en pleine forêt sibérienne soit un spectacle auquel ils ne s’attendaient vraiment pas. Ils me regardèrent tous hagards en train de me plier en deux de rire. Il me fallu bien cinq bonnes minutes pour me calmer. J’en avais les larmes aux yeux de ce fou rire. Mais bon, après que je me fusse à peu près calmée j’allais faire quoi moi avec tout ces fruits déconfits ? Attendrais je qu’ils murissent et qu’ils tombent tout seul ou allais je les cueillir sans attendre ? Aller, ils avaient l’air trop mimi et désespérés comme ça. Ce fut donc ce jour là jour de cueillette ihihih. Mais je ne te dis pas le boulot que ce fut, pfffff ! C’est qu’ils n’étaient pas légers avec tous leurs bardas. En plus, comme la plupart étaient blessés à cause des branches il me fallait les descendre doucement jusqu’au sol pour ne pas aggraver leurs états. Heureusement que ma passion de grimper aux arbres et aussi les corvées de bois que j’avais faite depuis que je vivais seule avait bien développé ma musculature, ihihih. Mais quand même, quand ma cueillette miraculeuse eu été finie j’ai dû souffler un peu. Mais je n’en avais pas moins garder mon sourire, voir ma bonne humeur car durant tout ce temps ils avaient tous gardés le silence et surtout leurs regards hébétés. Et du coup moi aussi je restais silencieuse. Je crois que je ne pouvais pas leurs dire un mot sans éclater de nouveau de rire, alors… En attendant, après cela, il fallu encore que je les soignasses. Ils n’allaient pas rester comme ça non ? Alors je m’y mis. Il faut que je te dise que je savais soigner les êtres vivants. J’avais souvent soigné des animaux et aussi des végétaux dans le passé. Mes parents disaient que j’avais un don de guérisseuse et cela leurs avait été confirmé par un shaman Sakha. Mais à l’époque j’étais très petite et je n’avais pas tout bien compris. Enfin bref, j’étais donc là a jouer les infirmières forestières de cette bande d’éclopés, ihihih, toujours sous leurs yeux interloqués et dans un grand silence. La plupart des blessures n’étaient que des éraflures plus ou moins profondes et aussi quelques fractures de bras mais surtout de jambes. Rien de dramatiques donc ! C’était durant ce temps que l’un d’entre eux fini par parler :
- Une fée de la forêt ! C’est un ange qui est venu nous sauver !
???? Mais… mais de qui il parlait celui là ? Ils me regardaient soudain tous avec un large sourire. Mais c’était de moi qu’il parlait ! Moi, une fée ? Un ange ? Nouvelle crise de fou rire. Cette fois ci à m’en rouler par terre. Oktiiiiii, quelle bande de couillon ! J’en eu mal au ventre de rire. Mais là la bonne humeur se répandit à tout le groupe. Ils se mirent tous à me bombarder de merci petite fée ou de merci petit ange tout en commençant à chanter. Ils étaient vraiment trop drôles.

     Quand j’eu fini de les soigner et que les rires se fussent un peu calmés, notre campement improvisé se transforma en pique nique. Rien d’étonnant à ça vu que j’avais passé toute la matinée à les décrocher des arbres et à leurs prodiguer des soins. Il était donc l’heure de manger. Ils m’offrirent de leurs nourritures qu’ils appelaient ration mais franchement je ne pas trouvais ça très bon. En mangeant nous nous présentâmes. Je leur dis que je m’appelais Magdala et que je n’étais ni une fée ni un ange mais ils ne me crurent pas. J’eu beau essayé de leur faire comprendre que je n’étais qu’une fille mais ce fut en vain. Ils clore le débat en me sortant que je ne pouvais pas être autre chose qu’un ange ou une fée vu qu’en pleine forêt une petite fille nue et seule ne pouvait être autre chose que cela. Qu’est ce que tu voulais que je réponde à ça toi, hein ?! Eux, c’étaient des parachutistes et des militaires. Pour le coup, là ce fut moi qui en fus hagarde. Je n’avais pas la moindre idée de ce dont ils me parlaient. Ca ne les étonna pas vu que toujours selon leur idée j’étais une fée. Comment une fée des bois pourrait elle savoir ce qu’était un parachutiste et un militaire ? Ils me l’expliquèrent patiemment. J’avoue que je n’ai pas trop aimé ce qu’ils m’ont dit : faire la guerre, tuer, pourquoi faire tout cela ? En plus je vis bien qu’ils étaient tous de gentils garçons. Alors comment c’était possible tout ça ? Là ils n’ont pas su trop quoi me répondre. Mais bon, ils me dirent aussi que pour l’instant, il n’y avait pas de guerre et qu’ils faisaient juste semblant pour s’entrainer. C’’était pour ça qu’ils étaient là en manœuvre. Ils avaient été largué ici, dans cette forêt, pas à l’endroit initialement prévus semblait il, avec pour mission de rejoindre le campement de leur bataillon le plus vite possible. Le lieutenant qui commandait ce peloton pris dans son sac des instruments bizarres pour faire le point et savoir où ils étaient tombés. Après quelques calculs sous mon regard curieux de tout il proclama qu’ils pourraient revenir au camp d’ici demain soir si ils partaient après manger. Là, tous voulurent que je viennes avec eux. Ils voulaient me garder car ainsi ils étaient sous la protection d’un ange, moi en l’occurrence, et qu’ainsi il ne pouvait plus rien leurs arriver de mal. Ihihih, je te jure que quand ils avaient une idée dans la tête ceux là… Comme je n’avais rien de prévu prochainement sinon que de me trouver un refuge avant l’hiver, je me dis, ben… pourquoi pas ? Ma réponse positive à leur demande fut accueillie par un grand hourra ! Et la marche qui commença ensuite se fit dans la plus grande gaité.

     Le soir vint et on s’installa rapidement pour dormir après avoir manger. Décidément, leurs rations n’étaient vraiment pas très bonnes. Comment pouvaient ils manger ça tout les jours ? Puis tout le monde ce coucha. Eux, sur le sol dans leurs sacs de couchage, moi au dessus, dans un arbre et dans mon baluchon. J’eu un peu de mal à m’endormir vu que tous m’observaient avec attendrissement sur mon arbre perché. Même si c’était plutôt gentil, je n’avais pas vraiment l’habitude d’être ainsi sous le regard de tant de personne. Enfin, ça ne m’empêcha pas de dormir quand même hein ?! Quand je me réveillais, les autres dormaient encore. Il me tardait de voir ce fameux camp. Enfin, ils se levèrent. Le temps de déjeuner rapidement et nous reprîmes la marche. Je marchais en tête suivie par le lieutenant quand je ne partais pas un peu de travers pour voir une chose ou une autre. Ou alors j’allais voir l’un d’entre eux pour m’inquiéter de sa santé. A chaque fois, ils me souriaient pour me rassurer et souvent se redressaient et accéléraient leur pas pour faire les fiers. Je sentais qu’ils ne montreraient leurs faiblesses pour rien au monde, et surtout pas devant une jeune fille. C’était dingue ce que ça pouvait être cabochard un para ihihih. La marche se poursuivit ainsi en silence mais dans la bonne humeur, un peu grâce à moi semblait il. Mais plus nous approchions de notre but, plus je sentais le lieutenant gêné. Je ne comprenais pas pourquoi mais il semblait me regarder un peu de travers même si c’était toujours de façon bienveillante. Ce fut à l’orée du bois, en vue du camp, celui ci se trouvant dans une grande plaine, qu’il se décida enfin à m’expliquer : c’était le fait que je sois nue qui le dérangeait ihihih. Il avait peur des réactions de ceux du camp quand ils me verraient débarquer comme ça. Euh… j’éclatais de rire ou pas là ? Ihihih, non j’avais mieux a faire. Je le regardais intensément dans les yeux avec un grand sourire et lui dis :
- Ben tu crois qu’ils feront quoi en me voyant comme ça?
- Je ne sais pas mais le major risque de me poser beaucoup de questions.
- Oktiiiii ! T’as pas peur pour moi mais pour tes fesses. C’est ça ?
- Et bien il va falloir que je fasse un rapport et expliquer tout.
- Mmmm, je vois. Tu sais quoi ? Le mieux dans ces cas là c’est de profiter de l’effet de surprise pour ne pas laisser à l’adversaire le temps de réagir. Tu devrais savoir ça toi qui est militaire, non ?
- Euh… oui mais la je ne vois pas le rapport avec le problème présent.
- A bon ? Parce que je suis un problème maintenant ? Ihihih Et ben tu vas voir que le problème va se résoudre toute seule, ihihih.
Et là je ne lui laissais pas le temps de réagir : je partie à fond en direction du camp. Après un bref moment de stupeur, ils se lancèrent tous à ma poursuite. Mais bon, avec tout leurs bardas et leurs blessures convalescentes, ils pouvaient toujours rêver pour me rattraper, ihihih. Ce fut ainsi que nous pénétrâmes dans le camp sous les yeux exorbités des soldats s’y trouvant : moi courant nue en riant devant et les autres essayant de me rattraper en m’appelant petite fée ou petit ange pour me faire arrêter derrière. Entre les hommes et le matériel, le camp était plutôt encombré, ce qui m’obligeait à zigzaguer quelque peu pour poursuivre ma course. Je me retournais de temps en temps pour voir où en étaient mes poursuivants et ce fut en faisant cela que je ne vis pas devant moi un des hommes du camp et que je lui rentrais dedans à pleine vitesse. Ma tête percuta son ventre au point de le faire tomber en lui coupant le souffle. Cela m’arrêta net sans me faire tomber. Et mes poursuivants arrivèrent rapidement après moi et s’arrêtèrent net également, non pas parce qu’ils m’avaient rejoint mais en voyant sur qui j’étais littéralement tombée : le major, ihihih, le chef de ce bataillon. Y’en avait qu’un auquel il ne fallait pas faire du rentre dedans et c’était lui, ihihih. C’était incroyable ce que des fois je pouvais viser juste moi ! Pendant que je l’aidais à se relever et qu’il reprenait péniblement son souffle, ma brigade suiveuse s’était mit immédiatement au garde à vous et attendait anxieusement les retombées de ce malencontreux accident. Après s’être remit de ses émotions le major me regarda sévèrement pendant que je lui faisais mon plus grand sourire en lui disant :
- Ca va ? Pas de bobo ?
- Le major : lieutenant, qu’est ce que c’est que ça ?
- Moi : non mais dis donc mon p’tit père ! Je ne suis pas un ça. Je m’appelle Magdala et si tu sais pas reconnaître une fille quand t’en vois une c’est que t’as de graves lacunes dans ta culture générale hein ?!
Manifestement, il n’était pas habitué à ce qu’on lui parle comme ça. Et mes suiveurs semblaient regretter de ne pas être restés pendus à leurs arbres plutôt que d’être dans ce camp à l’instant présent.
- Le major : lieutenant, au rapport sous ma tente et les autres habillez moi ç… cette charmante jeune fille.
- Moi : a ben tu vois quand tu veux, ihihih. T’apprends vite toi, c’est bien.
Je ne savais pas qu’on pouvait faire des yeux aussi gros ihihih. Les deux officiers rentrèrent rapidement sous une tente pendant que les soldats se demandaient comment ils pourraient bien me vêtir. Ils poussèrent tous un grand ouf de soulagement en me voyant sortir de mon ballot une culotte et une robe que j’avais prit soin d’emporter avec moi lors de l’incendie. Les soldats qui formaient mon escorte jusque là se dispersèrent rapidement en racontant à ceux du camp toutes leurs aventures. Il était certain que j’allais rapidement être connue comme la fameuse petite fée ou l’ange sauveuse. Pfffff, j’te jure ! Dans la tente du chef, les échos qu’on entendaient laissaient imaginer le savon qu’était en train de prendre ce pauvre lieutenant. Mais cela se calma relativement rapidement. Durant ce temps j’observais ce fameux camp où tout pour moi était étrange. En plus je sentais une certaine gêne des soldats qui m’entouraient. Normal : entre les racontars de l’escouade et de comment j’avais parlé  au major, je devais déjà avoir une bonne réputation ihihih. Après un long silence, le major et le lieutenant ressortirent de la tente. Le major s’aperçue de suite de l’ambiance que je mettais dans son camp. Il avait compris que les hommes du peloton avaient déjà parlé à leurs collègues. Il s’approcha de moi et mit un genou à terre pour se mettre à mon niveau et me dis :
- Tu sais que je te préfère beaucoup mieux comme ça avec une jolie robe, petit ange.
Oooooh non ! Si même lui s’y mettait… (gros soupir) !
- Elle te plait ? Tant mieux parce que j’en ai pas d’autre hein ?!
Il sembla embarrassé un moment. Un camp de parachutiste en manœuvre n’était pas un endroit pour une jeune fille et le code militaire ne prévoyait rien non plus pour ce qui était de l’accueil éventuel d’anges ou de fées. Mais en même temps me mettre dehors allait gravement atteindre le moral de sa troupe sachant combien ils étaient tous, et lui même surement aussi, superstitieux. Chasser un ange c’était à coup sûr s’attirer les foudres du créateur ça, non ? Puis son visage s’éclaira. Il venait indubitablement d’avoir une idée qui semblait lumineuse.
- Dis moi petit ange, ça te dirait de devenir la mascotte de mon régiment ?
- C’est quoi une mascotte ?
- Et bien c’est quelqu’un qui apporte le bonheur au bataillon dans lequel il est. Comme il semble que tu ais déjà fait beaucoup de choses pour le détachement que tu as rencontré en forêt, tu pourrais faire pareil pour tout le monde ici non ?
Moi, porte bonheur ? On ne me l’avait jamais faite celle là encore. J’éclatais de rire.
- D’accord vieux ! Si tu veux.
Pour celer notre accord, il me salua de façon militaire et je lui répondis à la façon d’une jeune fille : en lui faisant un bisou sur la joue. Ihihih, il ne s’y attendait pas à ça. Il se releva brusquement en essayant de ne pas trop rougir et donna ses ordres :
- Lieutenant, j’attends votre rapport écrit Starsergent (sergent chef dans l’armée russe), trouvez un endroit confortable où cette charmante petite fée pourra loger et trouvez lui aussi une garde robe digne de ce nom. Capitaine, demain après la levée des couleurs, rassemblement de tout le bataillon pour la cérémonie officielle d’accueil de la mascotte de notre régiment. Exécution !
Je suivais le sergent dont le fait d’être assigné à ma personne ne le rendait pas peu fier. Il se tourna vers moi presque au garde à vous et me demanda :
- Vous avez faim petite ange ?
Aaaaargh ! Alors là ça dépassait tout. Bientôt je sentais qu’il y en aurait un qui allait me sortir de la princesse ou même de la sainte Magdala.
_ Euh… oui, j’ai toujours faim moi. Mais tu veux bien me faire plaisir ?
- Oui, je suis à vos ordres petite ange.
- Arrêtes de me vouvoyer, ok ?
- Euh… comme vous… euh… oui petite ange.
- Merci grand homme ihihih.
Il m’amena à la cantine du campement, me fit asseoir et parti donner des instructions aux cuistots. Puis il s’absenta en me disant qu’il allait préparer ma chambre et qu’il reviendrait après. Les commentaires qu’il fit aux cuistots provoquèrent une certaine agitation en cuisine. On commença à m’apporter du thé avec des gâteaux en s’excusant de ne pas avoir de lait. Après j’eu droit  à un grand plat de pelmenis (gros ravioli russe) avec pleins de crème fraiche dessus. Mmmiiiaaaaammm ! Comment je ne t’ai pas engouffré ça moi, ihihih. Et vint le désert : un énorme vatrouchka (gâteau russe au fromage blanc). J’en ai mangé plus d’un tiers. Je devrais plutôt dire bâfrer ihihih. A la fin du repas, j’étais prête à exploser et ce sous le regard ravi des cuisiniers. Pour les remercier j’ai voulu leurs faire un bisou à chacun sur la joue mais en me voyant m’approcher ils se sont mis à genoux devant moi en enlevant leurs calots. Du coup, je leurs ai fait le bisou sur le front en leurs disant merci. C’est à ce moment que le sergent revint. Ca le fit rire de voir tout les cuistots à genoux avec des traces de gâteaux sur le front, ihihih. Oui j’avais oublié de m’essuyer la bouche avant de me lever de table. Puis je suivie mon sergent jusqu’à mes quartiers. On arriva dans un endroit du camp où étaient stationné la plupart des véhicules du bataillon. On s’approcha de ce que je ne savais pas encore être un camion qui portait de grande croix rouge sur fond blanc sur les cotés et sur les portes arrières. Ce fut par elles qu’il me fit monter en me présentant ma nouvelle chambre.
- Je viens d’y faire mettre un lit de l’infirmerie et vider les placards. Comme ça tu pourras les utiliser comme tu le veux. Nous n’avons pas encore tout ce qu’il faut pour bien te l’aménager mais ce sera fait dès demain.
Il y avait effectivement un lit tout fait. Là il me montra comment allumer et éteindre la lumière du plafonnier. Je restais coite ! Je ne comprenais pas comment cela pouvait se faire de faire apparaître et disparaître de la lumière. Je ne savais pas ce qu’était l’électricité. Il le compris et me l’expliqua avec une infinie patience non sans constater que je ne devais pas être un petit ange descendu depuis très longtemps du paradis. Au moment de me quitter, il enleva son béret et je compris qu’il espérait le même remerciement que les cuisiniers, ihihih. Ce que je me fis une joie de lui accorder. Il me quitta heureux en me souhaitant bonne nuit. C’est vrai qu’elle commençait à tomber et vu que j’avais un peu trop mangé je me glissais vite dans mon nouveau lit pour digérer et m’endormis rapidement.

     Je me réveillais très tôt le matin en pleine forme. Il faisait encore nuit quand j’ouvrais la porte de ma « chambre ». Presque rien ne bougeait. Je dis presque car j’observais rapidement un soldat de garde marcher le long des véhicules. Je restais là, assise au seuil de mon camion, à l’observer et aussi à admirer le ciel étoilé. Je commençais à admirer l’aube se lever quand tout le camp sembla s’animer en même temps. J’observais toute cette subite agitation amusée. Pour mieux se faire, je décidais de partir en promenade dans le cantonnement. Je me rendis compte alors seulement de la grandeur de celui ci. En plus ça grouillait de partout, chacun à sa tâche. Ce qui m’amusa le plus dans ma balade fut que chaque soldat que je croisais me saluait avec déférence, à la fois heureux de me rencontrer mais aussi presque gêné de me voir. Il fallait croire que tout le monde était déjà au courant de ma présence et de ma notoriété. Mon estomac se rappelant à mon bon souvenir, malgré le festin de la veille, je me rendis au réfectoire. Il était déjà plein et mon arrivée ne passa pas inaperçue. Tout le monde me regardait en souriant et j’entendais nombres de commentaires affables sur moi qui se voulaient discret. Dès qu’il me vit, le chef cuistot vint m’accueillir comme si j’avais été une reine. Pffff, franchement, il en faisait trop là. Il me fit asseoir à une table sous les yeux, comme toujours à la fois heureux et gênés, des soldats s’y trouvant déjà. Le chef m’apporta rapidement un grand bol de thé avec… deux grandes tartines de beurre et de confiture ainsi qu’un pichet de lait. Il me dit que si je voulais d’autres tartines ou quoi que soit d’autre je n’avais qu’à le demander. La première chose qui me vint à l’esprit était de me demander comment avait il fait pour trouver du lait durant la nuit. Je commençais à manger sous les regards de tous et ça commençait à m’agacer un peu. Surtout qu’ils ne mangeaient plus du coup. Alors je leurs posais la question :
- Vous avez tellement confiance dans les cuisiniers que vous attendez de voir si il apparaît chez moi les premiers symptômes d’intoxication alimentaire avant de vous risquer à manger vous même, c’est ça ?
Grands fou rire général, ce qui a eu l’effet recherché : décoincer toute la troupe. La suite du déjeuner se passa donc dans la détente et la bonne humeur. Ce fut à la fin de mon repas que mon sergent assigné me retrouva. Il m’emmena auprès du major qui se trouvait déjà sur la place centrale du camp. Le rassemblement fut sonné et rapidement tout les hommes arrivèrent pour se mettre en rang par compagnie. Oktiiiii ! Je savais que le camp était grand mais je ne m’étais pas rendu compte qu’il y avait autant de personnes qui l’habitait. Ils étaient plusieurs centaines. Normal pour un bataillon mais vu que je ne savais pas encore alors ce qu’était exactement un bataillon… Ils se mirent tous au garde à vous. Après un cours moment de silence, le major pris la parole à l’aide d’un micro et de hauts parleurs installés pour l’occasion. Ne connaissant pas cela, je passais mon temps à observer cet appareillage et à essayer d’en comprendre le fonctionnement alors que le major sortait un discours parlant de moi. Il clamait à toute la troupe que j’étais un ange sous lequel le bataillon était fier de se mettre sous sa protection, que grâce à cela ils ne risquaient rien et qu’il pensait vraiment que le bataillon allait faire un score encore jamais atteint durant ces manœuvres. Il recommandait bien à chacun de prendre bien soins de moi. A cause de cela, j’avais un mal fou à me retenir d’éclater de rire. Le starsergent au garde à vous à coté de moi me faisait les gros yeux pour essayer de me calmer ce qui produisait chez moi exactement l’effet inverse. Comme j’étais distraite par tout ça je ne vis pas venir la fin du discours qui se termina par un triple hourra en mon honneur. Ca me fit sursauter. Le major vint vers moi et je me mis à peu prêt au garde à vous même si mon envie de rire rendit cela très approximatif. Il se mit à genoux et sorti un béret bleu avec des insignes, celui des parachutistes, pour me le coiffer. Il sorti ensuite une broche ronde bleu et verte où était représenté deux poignards, un éclair et un parachute entouré de deux ailes ainsi que le chiffre 11. C’était l’insigne de leur unité. Il l’accrocha à ma robe au niveau de mon torse puis m’embrassa sur les deux joues avent de me souhaiter la bienvenue parmi eux en tant que mascotte. Un nouveau triple hourra vint fêter cela, ce qui me fit de nouveau sursauter. Je demandais si je pouvais dire un mot à tous. Le major me tendit le micro.
- Merciiiiiii ihihih. Je vais essayer d’être à la hauteur de la tâche qui m’est confiée mais il faudra m’aider, hein ?! Je voudrais également vous demandez à tous une faveur : s’il vous plait, arrêtez de me vouvoyez, ok ? Je m’appelle Magdala et ce serrait bien que vous m’appeliez comme ça. Alors je sais que beaucoup préfère m’appeler petite ange (en jetant un coup d’œil au sergent) ou même petite fée mais je ne suis qu’une fille, ok ? Voilà, je vous aime tous et je vous fais à tous tout pleins de gros bisous. Merci encore ! Ihihih.
Le major reprit la parole pour annoncer qu’il y avait quartier libre aujourd’hui pour tout ceux qui n’étaient pas de service avant de faire rompre les rangs.

     Ce fut ainsi que je me vis donc officiellement incorporée dans un bataillon parachutiste de l’armée russe. Pieds nus, en robe blanche à poix rouge avec accrochée dessus un insigne portant, tout comme sur le béret bleu trop grand pour moi se trouvant sur ma tête, des ailes de métal en bronze. Mmmm, après tout, quoi de plus normal qu’un petit ange ne porte des ailes, non ? Ihihih.





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