Chapitre 5 - Partie 3


John Lucas

Publié le 16/02/2021 12:57

6 mins de lecture

 Oscar n'avait pas hésité une seconde quand il avait surpris, ce qu'il estima être un jeune couple d'assassin, ranger leurs armes comme si de rien était. Bien que cela fît des années qu'il n'avait pas vu Dorothy, il ne pouvait toujours pas supporter qu'on s'en prenne à elle. Surtout qu'il se sentait en grande partie responsable de la participation forcée de la belle à ce jeu d'une extrême violence. D'un autre côté, il ne se faisait pas trop de soucis pour elle, connaissant bien ses capacités, pour l'avoir épaulée pas mal de temps dans ses basses besognes.

 L'Hispanique, bien plus rapide que les deux jeunes qu'ils poursuivaient, sans doute ralentis par le gros paquetage renfermant leurs fusils, les rattrapait sans difficulté alors qu'Eddy époussetait son pantalon après s'être relevé de sa chute.

 Les fuyards tentèrent un coup de poker et s'engouffrèrent dans une station d'Hyperloop bondée de monde. Ils espéraient ainsi se fondre dans la masse et semer le Mexicain.

 Oscar, qui avait bien plus d'expérience qu'ils puissent l'imaginer, finit par rejoindre Amy et Devon. Ceux-ci pensaient avoir réussi leur tour et ne le remarquèrent pas arriver dans leur dos. La jeune femme vit impuissante son frère tomber à la renverse lorsque l'Hispanique attrapa une sangle du sac et la tira en arrière pour s'en saisir. Oscar mit un genou sur la poitrine de l'homme dont il braqua les parties intimes d'un petit revolver qu'il avait sorti d'un holster au niveau de sa cheville. De son autre main, il ouvrit le sac et en examina le contenu.

 — Vous n'êtes pas un peu jeunes pour ce genre de joujou ?

 — Fous-moi la paix le chicano ! hurla Devon.

 — Tu crois vraiment que tu es en position de me parler comme ça, grogna Oscar.

 Il appuya un peu plus son arme sur le jean du fils Willis, qui gémit mais ne répliqua plus. Amy se mit alors à crier des appels au secours, ce qui ameuta la sécurité et détourna suffisamment l'attention du Mexicain pour qu'elle puisse, d'un coup de pied rapide, le désarmé et libéré son frère de son étreinte.

 La sécurité, une fois assez proche, se rendit compte qu'il s'agissait de participants de The Race et qu'ils n'avaient donc aucun droit d'intervenir. Les agents maugréèrent et retournèrent prendre leurs postes.

 Devon se releva aussi vite qu'il le put et se rua sur Oscar malgré la main de sa sœur qui glissa le long de son T-shirt qu'elle voulait agripper pour le retenir. Il décrocha une énorme droite à l'Hispanique qui, stupéfait, ne put esquiver et la reçut en plein sur le nez qui commença à saigner. Cela mit le Mexicain en rage qui enchaina une série de coups de poing tel un boxer professionnel. Devon se retrouva acculer à un mur et ne parvenait pas à trouver une riposte. Il devait la réussite de sa première frappe uniquement à l'effet de surprise. Mais maintenant qu'Oscar lui faisait face, il ne faisait plus le poids.

 Alors qu'un crochet de l'Hispanique brisa la garde du jeune homme, Amy intervint une nouvelle fois et fouetta les jambes de l'assaillant de son frère d'une balayette efficace. Oscar se retrouva au sol et les enfants Willis en profitèrent pour le ruer de coups de pied. Mais celui-ci ne se laissa pas faire et attrapa le mollet de la demoiselle d'une main, puis la cuisse de l'autre et l'envoya à son tour au tapis, la faisant passer par-dessus son épaule. Il se releva promptement et lança son genou dans l'estomac de Devon qui se plia en deux. Le mexicain lui asséna alors un coup de crosse du revolver, qu'il avait réussi à ramasser lorsqu'il se faisait lyncher, ce qui envoya l'homme rejoindre sa sœur au sol.

 L'Hispanique pointa son arme dans leur direction puis, de sa main libre, activa son holo-carte. C'est avec grand ahurissement qu'il constata que les deux jeunes, qui lui avait donné du fil à retordre, étaient de simples candidats et non des assassins.

 — Pourquoi nous avoir tiré dessus alors que vous êtes des concurrents ? Vous n'êtes pas censés porter des armes.

 — On a bien le droit de s'amuser un peu, non ? pouffa Amy.

 — Vous allez être disqualifié et abattu pour vos conneries.

 — Ce n'est pas comme si on avait voulu vous tuer, reprit Devon, se frottant l'arrière du crâne. Sinon, vous le seriez depuis longtemps.

 — Mais ça les organisateurs s'en foutent. Ils vous ont vus utiliser des mitraillettes sur des participants, ç'en est fini de vous.

 — Tu fais erreur, Oscar, intervint Eddy.

 Gutierrez était arrivé de manière très discrète et enfonçait un pistolet dans les reins de son cousin. Il avait un sourire malsain aux lèvres et fit signe aux enfants Willis de partir, sous les yeux interloqués d'Oscar.

 — Mais qu'est-ce qu'il te prend ? T'as perdu la tête. Tu me braques, moi ?

 — Tu ne sais pas qui sont ces jeunes, n'est-ce pas ?

 Amy et Devon étaient désormais assez loin et Eddy rangea son arme dans son étui au niveau de sa ceinture. Oscar se retourna et le fusilla du regard.

 — Eh, calme-toi ! Je viens de t'éviter pas mal de problèmes. Ces deux imbéciles sont les enfants de Marlon Willis.

 Oscar reçut cette nouvelle comme un choc. Il était de notoriété publique que ce grand ponte n'avait jamais eu de femme, ni d'enfants. Comment son cousin pouvait être au courant de cela si c'était un secret. Il le dévisagea en attente d'un éclaircissement.

 — Bon, d'accord, je te dois des explications. Tu as compris que je travaillais pour lui. Seuls ses hommes les plus proches sont au courant de sa paternité. Et il se trouve qu'il m'a récemment nommé Commander, le plus haut grade de son armée comme il aime le dire.

 — Et je suppose que toi et les deux rejetons avez une mission pendant cette course.

 — Ah, on ne te la fait pas mon bon Oscar Guerrero. Nous sommes là pour nous assurer qu'il n'arrive rien à ta chère Lady Spencer. Enfin, rien de grave.

 — Attends, j'y pense. Ne me dit pas que c'est toi qui as enlevé son fils ! Putain, merde, comment as-tu pu me faire ça ?

 — Je ne fais que mon boulot. Il ne lui arrivera rien. Marlon le libérera à la fin du jeu quand il mettra la main sur la mère et qu'il assouvira sa vengeance.

 — Tu n'es quand même pas assez bête pour croire ça ?

 — Peuh. Honnêtement, ce n'est pas mon problème. Moi, je fais le job, je me fais masse pognon et après je me tire sur une île paradisiaque pour me la couler douce jusqu'à ma mort.

 — Elle pourrait très bien arriver plus vite que tu ne le penses. 





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