Chapitre 6 - Partie 5


John Lucas

Publié le 12/03/2021 20:21

6 mins de lecture

 Comme lors de la première étape, Amy et Devon suivirent Dorothy et Paul, en toute discrétion. Ils étaient bien décidés à remettre le couvert et leur faire peur une seconde fois. Les frère et sœur s'installèrent derrière un bâtiment, non loin de la fontaine où les concurrents devaient récupérer leur sac, et épaulèrent leurs fusils. Quand la rousse approcha, Amy posa la main sur le canon de l'arme de Devon, déjà prêt à faire feu, et l'abaissa d'un geste ferme.

 — Attends, murmura-elle avec un signe de la tête en direction de deux hommes, identiques en tout point. Regarde, on dirait que nos amis les jumeaux n'ont pas envie de trainer pour mener à bien la petite mission qu'on leur a confiée cette nuit.

 — Merde. J'avais envie de m'amuser, moi.

 — Mais quel gamin ! Dis-toi que ce n'est que partie remise.

 Les enfants de Willis observèrent la scène avec attention et furent choqués de la manière dont Dorothy se débarrassa aisément des deux espèces de colosses qui l'immobilisaient. Elle les avait littéralement démolis une fois son mari, dont le visage leur était familier, hors de vue, embarqué par Ethan et Evan. Leur père les avaient déjà avertis qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, mais là, ça leur coupait tout de même le souffle. La femme envoya ensuite paître deux hommes qui l'accostaient, souhaitant visiblement lui venir en aide, ce qui semblait bien inutile.

 — Je comprends mieux pourquoi elle intéresse autant papa, dit Amy. Elle est carrément badass cette meuf.

 — Moi j'aurais plutôt dit qu'elle avait un good ass, mais bon, chacun son point de vue.

 — Pff, t'es trop con. Allez, viens, on va la suivre et on la canardera quand elle sera avec son mari.

 — Ça me va. D'ailleurs, en parlant du mari, sa tête ne te dit pas quelque chose ?

 — Hum, non. Allez, dépêche-toi.

 Les deux restèrent à distance de Dorothy qui ne tarda pas à rejoindre Paul. Ils leur laissèrent quelques minutes pour savourer les retrouvailles, pas si heureuses que ça à voir leur tête. Le sourire de la belle rousse fût l'élément déclencheur de la fusillade. Amy et Devon prirent bien entendu extrêmement soin de ne pas les toucher. Lorsque le couple avait fui en voiture, la frustration que leur petit plaisir ait pris fin si vite gagna le garçon. Il n'eut cependant pas trop le temps d'y penser puisque son téléphone sonna.

 — Oui, Amiral ! lança-t-il avec une pointe de dérision dans la voix.

 — Trouvez le chicano qui travaille pour moi et dites-lui de me rejoindre à mon hôtel. J'ai une mission importante pour lui.

 — Très bien !

 — Et si vous pouviez cesser vos petits jeux, ça m'arrangerait et ça m'éviterait de vous punir.

 Devon déglutit péniblement et raccrocha, le visage pâle. Il exposa la situation à sa sœur, et les deux se mirent à la recherche d'Eddy Gutierrez.


 Ce n'était pas sans mal que les frère et sœur avaient mis la main sur le mexicain. Oscar accompagnait bien évidemment celui-ci, aussi Amy décida de lui faire du charme pendant que son frère transmettrait le message à Eddy. Toutefois, le mexicain repoussa toutes les vaines tentatives de séduction. La fille était pourtant plutôt jolie, mais il était marié, avait un enfant et surtout une bonne quinzaine d'années de plus qu'elle. Il avait beau avoir été une personne peu fréquentable, il gardait néanmoins certains principes. Après avoir repoussé une énième fois la main de la jeune fille, qui se dirigeait vers son entrejambe, il lui immobilisa les mains dans le dos.

 — Bon, maintenant, ça suffit, grogna Oscar. Pas besoin de ce cinéma. J'ai bien compris qu'il fallait laisser mon cousin seul avec ton frère. Je n'ai aucun souci avec ça. Il est assez grand pour se défendre sans moi.

 — Tu es encore plus beau quand tu te mets en colère.

 Pendant ce temps, Devon et Eddy s'était éclipsés dans une station d'Hyperloop, s'assurant d'être à l'abri d'oreilles indiscrètes. Le jeune homme transmit le message de son père à l'Hispanique, qui ne voyait pas d'un bon œil cette invitation. Connaissant Willis, cela n'avait rien qui valût.

 — Pas besoin de te dire qu'il serait préférable que tu y ailles seul.

 — Effectivement. Je vais emprunter une autre sortie. Dis à mon cousin de ne pas m'attendre et de poursuivre l'étape. Je le rejoindrai à l'arrivée.

 Eddy et Devon se séparèrent. Le mexicain remonta discrètement hors de la station par l'ouverture la plus éloignée de là où il était entré, alors que le fils de Willis alla prévenir Oscar de ne pas attendre son cousin, que celui-ci s'était vu confier une mission de la plus grande importance. L'Hispanique voulut plus d'explications, mais Amy et Devon lui faussèrent compagnie pour emprunter un Hyperloop en direction d'Indianapolis. Il y avait certains avantages à être les enfants de l'instigateur principal du jeu, les règles ne s'appliquent pas à eux.

 Amy et Devon furent donc les premiers à arriver sur le circuit des mythiques cinq cents miles d'Indianapolis. Ils en profitèrent pour se tester au volant des bolides, qui les attendaient pour les courses, qui auront lieu le lendemain, quand suffisamment de personnes seront parvenues jusque-là.

 Après plusieurs tours de piste, le jeune homme grinça des dents quand sa sœur vint de moquer de lui alors qu'elle venait de le battre à plate couture.

 — C'est bon, ça va. Ta voiture était plus rapide que la mienne, prétexta-t-il, mauvais joueur.

 — C'est ça, répondit-elle, lui faisant un clin d'œil moqueur. Dis aussi que j'ai amélioré mon moteur, temps que tu y es.

 — Tiens, tu me donnes une super idée, là.

 Devon se précipita vers les véhicules, garés les uns à côté des autres et interpella un mécanicien. Il lui ordonna de trafiquer la voiture afin que celle-ci ait moins de puissance et que les freins répondent un peu moins bien. Il n'était pas question que les personnes qui emprunteraient le bolide aient un accident mais plutôt qu'ils se fassent de belles frayeurs. L'employé de garage refusa d'abord et voulu appeler la sécurité, mais mis sous la menace d'une arme, il revue son jugement et s'exécuta.

 — T'es vraiment un grand malade, Devon ! dit Amy.

 — Merci sœurette, rigola son frère.

 Avant de se diriger vers leur hôtel et profiter de leur suite de luxe, le jeune homme s'assura auprès du mécanicien que le véhicule arrangé serait attribué uniquement à Dorothy et Paul. Il lui fournit d'ailleurs la photo du couple, prise lors de l'avant course afin d'éviter toute erreur.





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