Chapitre 6 - Partie 6


John Lucas

Publié le 18/03/2021 21:02

6 mins de lecture

 Les piétons se retournaient tour à tour sur deux ravissantes jeunes femmes, quelque peu bimbo, qui répandaient leurs éclats de rire dans tout le quartier. Kathleen avait de longs cheveux blonds et des formes avantageuses, bien moulées par une robe rouge, fendue de chaque côté, jusqu’à mi-cuisses. Cassie était coupée court, brune et laissait admirer son allure plutôt sportive grâce à un mini-short rose et un débardeur blanc. Toutes deux croulaient sous les bijoux brillants. Colliers, bracelets, bagues à quasiment chaque doigt, boucles d’oreilles, il y avait toute la panoplie et celle-ci semblait bien luxueuse. Seul leur sac à dos venait gâter la vision de rêve qu’elles offraient.

 Les deux amies passèrent devant une bijouterie et leurs regards illuminés se croisèrent.

 — Tu penses à la même chose que moi ? demanda la blonde, tout sourire.

 — Oh que oui, répondit la brune, trépignante comme une petite fille devant la vitrine d’un magasin de poupées.

 — Allons faire de nouvelles emplettes dans ce cas.

 Les femmes se mirent à rigoler comme des folles et poussèrent la porte de la boutique. Il ne fallut pas trente secondes pour qu'une vendeuse vînt à leur rencontre, flairant une bonne opportunité. L'expérience de cette dame d'âge mûr, qui essayait de cacher les années par une triple couche de maquillage, ne pouvait pas la tromper, elle avait affaire à des filles à papa qu'elle s'entendait bien plumer.

 — Bonjour, mesdemoiselles, s'exclama-t-elle d'un ton enjoué. Puis-je vous aider ?

 — Pour sûr, ricana Kathleen.

 La blonde enleva une bretelle de son sac qu'elle fit coulisser afin d'y attraper un revolver qu'elle pointa sur l'employée. Celle-ci émit un petit cri aigu que la jeune femme étouffa en lui plaquant une main sur la bouche. Le fond de teint de la vendeuse commença à couler sous l'effet de la transpiration, provoquée par la peur. Cassie s'empara également de son arme et braqua le patron qui venait d'apparaitre à la suite de la plainte de son employée, qui s'avérait être son épouse. Le bijoutier leva les mains mais garda son calme. Il s'approcha du comptoir d'encaissement et jeta un rapide œil sous celui-ci. La brune comprit que sous sa sérénité, l'homme cherchait en fait tout simplement à paraitre coopérant pour pouvoir activer l'alarme grâce à un bouton dissimulé sous le plan de travail.

 — Stop ! Tu crois que je ne te voie pas venir. Tu me prends pour une bimbo écervelée ? Rejoint ta bonne femme dans le coin de la pièce.

 Le patron déglutit et obéit. Kathleen le poussa sur la vendeuse et sortit une corde de son sac. L'homme voulut en profiter et tenta de la désarmé mais récolta un coup de crosse derrière le crâne, qui se mit à saigner. Agacée, elle ordonna au couple de s'allonger face contre terre, les mains dans le dos et les ligota bien solidement. Pendant ce temps, Cassie était passée de l'autre côté du comptoir et avait récupéré les clés de toutes les vitrines qu'elle s'empressait d'ouvrir pour que la blonde les vidât dans son sillage.

 Les deux amies s'amusaient comme des folles, si bien qu'elles occultèrent la compétition de leur esprit. Elles avaient presque terminé de dépouiller l'intégralité de la bijouterie lorsqu'elles découvrirent une pièce de choix. Dans une vitrine carrée, trônait un écrin de velours sur lequel reposait un diamant aussi gros qu'un poing.

 — Je crois qu'on a tiré le gros lot ma chérie, se réjouit Cassie.

 — T'as vu la taille de ce truc ? Je n'ai jamais eu la chance d'en contempler un aussi gros. Et dans quelques secondes il sera dans mon sac.

 — Où dans le mien. C'est moi qui l'ai découvert.

 — Gamine !

 — Connasse !

 Les jeunes femmes éclatèrent de rire puis retrouvèrent rapidement leur sérieux quand leurs holo-cartes se déployèrent pour annoncer un assassinat. Elles se regardèrent et prirent conscience qu'elles avaient oublié le jeu.

 — Vite, embarquons ça, reprit la blonde. Ça va nous rapporter un paquet de pognon.

 La brune, qui essaya une dizaine de clés, en vain, commençait à s'énerver. Ses mains se mirent à trembler, si bien qu'elle en lâcha le trousseau. La blonde le ramassa et tenta à son tour d'ouvrir la vitrine, sans plus de succès. Elles se tournèrent alors vers le patron dont le sourire moqueur les irrita au plus haut point. Kathleen s'approcha et posa son arme sur la tempe de l'homme. Son visage exprima à nouveau la crainte et il se mit à transpirer.

 — Je vais te le demander une fois. Une seule. Où se trouve la putain de clé pour accéder à cette merveille ?

 Le joli petit minois de la blonde s'était transformé en un masque de colère qui la rendait méconnaissable et montrait qu'elle ne plaisantait pas un instant. Le bijoutier prit le temps de réfléchir avant de répondre, la voix tremblante.

 — Je suis désolé. Elle ne se trouve pas ici. Vous pensez bien, une pièce d'une telle valeur.

 — Où ? hurla Kathleen, hystérique.

 — À la ban...banque, bafouilla l'homme. Dans un coffre.

 La femme devint complètement folle et se mit à exploser toutes les vitrines vides, avant de se planter devant celle contenant le diamant. Cassie n'avait pas bronché, visiblement habituée à ce genre de crise de la part de sa partenaire. Elle lui avança même une statuette récupérée en même temps que les bijoux. Kathleen s'en saisit et commença à marteler le verre. Blindé, elle s'en serait douté. Elle recula au niveau de la brune et ensemble elles vidèrent le chargeur de leur arme.

 Au moment où la vitre finit par lâcher, une alarme assourdissante se mit à retentir. Oubliant que les forces de l'ordre ne pouvaient arrêter des participants de The Race, les amies sortirent de la boutique en courant et stoppèrent le premier véhicule qui passait. Sous la menace des revolvers, le chauffeur ne se fit pas prier pour leur céder sa camionnette. Les femmes montèrent à bord et partirent comme des furies, morte de rire. La fuite était le moment qui les excitait le plus dans leurs méfaits.

 Au détour d'un croisement, Cassie, qui était au volant, ne vit pas la voiture qui arrivait de la rue perpendiculaire à toute vitesse, semblant, elle-aussi, tenter de s'échapper d'un mauvais pas. Le choc fut brutal pour la citadine qui partit en tête à queue alors que le fourgon continua sa route comme si de rien n'était, emmenant les deux demoiselles vers la prochaine étape.

 — Si tu conduis comme ça à Indianapolis, on est mal barré, pouffa Kathleen.





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