Chapitre 6 - Partie 7


John Lucas

Publié le 23/03/2021 21:25
Mis à jour le 23/03/2021 22:40

6 mins de lecture

 Les premiers concurrents arrivèrent petit à petit et la foule s'amassa au Motor Speedway d'Indianapolis. Les organisateurs décidèrent de lancer les hostilités et attribuèrent un véhicule par candidat, qui alla se positionner sur la grille par ordre d'arrivé au circuit. Sur la ligne de départ, les employés expliquèrent les quelques règles de cette course. Ce fût assez bref. Serait pris en compte le moins bon chronomètre de chaque binôme. Pour le reste, essayer de ne pas se tuer aurait déjà été un bon début et surtout éviter se faire tuer, car tous les coups étaient permis.

    Amy et Devon faisaient partis de ce premier tour et le garçon pouffa tout seul dans sa voiture. Cela intrigua sa sœur qui l'avait vu discuter avec les mécaniciens avant de s'installer dans sa monoplace. Elle l'interpella grâce au micro et aux écouteurs incorporés dans son casque.

 — Qu'est-ce que tu as encore fait ?

 — Moi ? Rien du tout, dit-il d'un air innocent.

 — Allez, arrête. Je te connais par cœur.

 — Bon, ok, il se pourrait que j'aie demandé à ce qu'on trafique deux ou trois caisses. Juste histoire de s'amuser un peu.

 — T'abuses. On s'est suffisamment entrainés hier et ce matin pour battre tout le monde sans soucis.

 — Dis-moi que tu ne prendras pas ton pied quand tu en verras un finir dans le décor ?

 Comme Amy ne répondit pas, son frère tourna la tête vers elle et vit un large sourire se dessiner sur son visage avant qu'elle n'abaisse la visière. Il en rigola quelques secondes, puis se concentra à nouveau sur la compétition quand une voix l'appela à travers les écouteurs de son casque.

 — Vous m'entendez bien tous les deux ? demanda Marlon Willis.

 — Oui, Amiral, répondirent les frère et sœur en chœur.

 — Bien. Faites bonne figure, mais ne gagnez pas cette course. Il ne faut pas trop attirer les regards sur vous. Ça pourrait être dangereux. Pour vous comme pour moi. Compris ?

 — Oui, Amiral ! répondit Amy.

 Devon accepta également mais cela ne lui plaisait pas beaucoup. Il se renfrogna et décida de n'en faire qu'à sa tête. Après tout on prendrait le temps de sa sœur comme référence.


 Quelques places derrières, Norris et Cochran, remarquables à leurs pantalons treillis et vestes militaires, grognaient d'impatience. Leur objectif était d'envoyer un maximum de personnes dans le décor pour finir en tête. Les feux tricolores s'allumèrent un à un puis s'éteignirent tous en même temps, donnant le départ de la course. Norris, partit en trombe alors que Cochran, le dégarni, cala. Un véhicule vint le percuter par l'arrière au moment où il redémarrait et le propulsa dans le bon sens. Il mit les gaz et commença à remonter vers son partenaire, effectuant quelques queues de poissons au passage.

 Véritables têtes brulées, les deux militaires n'avaient pas peur de pousser les bolides dans les tours et venir tout proche des autres concurrents pour les faire paniquer et les conduire à la faute. Cochran se rapprochait peu à peu de Norris et observa celui-ci couper la route d'un candidat à l'amorce d'un virage. Le malheureux ne put que braquer pour éviter le militaire et partit en tête à queue dans la pelouse pour terminer dans le mur de pneu bordant le circuit.

 — T'as vu ça Coc ? Ou t'es trop largué ?

 — Regarde dans ton rétro, tu vas voir une fusée passer d'ici quelques secondes.

 — Le petit point bleu à deux miles ?

 — C'est ça, fous-toi de moi.

 Cochran, vexé, prit tous les risques pour rattraper son coéquipier et alla même jusqu'à faire un tout droit dans une chicane. Cela lui fit gagner de précieuses secondes et lui permit de doubler deux véhicules. Il n'en restait désormais plus qu'un entre lui et Norris, qui occupait la seconde place, derrière Devon. Ce dernier était toujours bien décidé à gagner malgré les consignes de son père. Amy, elle, respectait les souhaits de Willis et se trouvait en troisième position. Elle ralentit même abusivement avant d'attaquer un virage en épingle et laissa le militaire lui passer devant et rejoindre son partenaire. Cochran attendit une ligne droite et se mit à la même hauteur que Norris.

 — C'est bon, tu me vois mieux, maintenant ? demanda-t-il, fier de lui.

 — Pas mal, j'avoue. Mais tu ne passeras jamais.

 Le dégarni accepta le défi et accéléra au maximum, mais son partenaire ne se démonta pas et en fit de même. Les militaires approchaient d'un virage à très grande vitesse. Aucun des deux ne voulait lâcher l'affaire et ralentir. Norris craqua finalement le premier et ralentit pour laisser passer Cochran, qui négocia à merveille le tournant.

 — Qu'est-ce que tu dis de ça, mon vieux ? se vanta ce dernier.

 — T'es vraiment barge.

 La course se poursuivit encore quelques minutes sans que le classement de tête ne fût modifié. Aucun des deux hommes ne parvint à rattraper Devon qui gagna ce premier tour, devant Cochran et Norris.

 Amy, belle quatrième, était folle de rage. Il fallait toujours que son frère n'en fasse qu'à sa tête. Les deux se disputèrent sous le regard amusé des militaires quand une explosion retentit sur le circuit. Une des voitures encore en course venait de s'embrasser et finit sa course dans la tribune principale après avoir défoncer le grillage de sécurité. Le conducteur parvint à sortir de l'habitacle, en flamme, et s'allongea au sol alors que les pompiers arrivaient avec des extincteurs. Sa combinaison ignifugée lui évita le pire, mais il avait vécu la frayeur de sa vie. La jeune fille fulmina et commença à cogner on frère dans l'épaule quand celui-ci se mit à rire.

 — Je suppose que c'est une des voitures que tu as demandé de trafiquer ?

 — Tout à fait ! Tu n'apprécies pas le spectacle ?

 — Gros malin, que penses-tu que papa te feras s'il arrive la même chose à cette fameuse Dorothy ?

 — Oups, t'as raison.

 — Comment ça oups ? Mais t'as quelque chose là-dedans ? lui dit-elle en lui tapotant la tempe.

 — Ouais, c'est bon ça va. Je vais aller voir les mécanos pour qu'ils calment le jeu.

 Amy regarda, désabusée, son frère partir en direction du paddock et converser avec les employés. Ceux-ci s'affairèrent rapidement sous les capots, la prochaine course commençant dans peu de temps.





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