Je vais bien

2 mins

        Ceci est un texte que j’avais produit pour participer au concours Ecrire!, proposé par une structure associative de Rennes. Il s’agissait d’un concours avec incipit imposé, à savoir “Je vous écris de… “. Les lauréats ayant été annoncés, je me permet de vous partager ma participation :

 

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Je vous écris de chez moi, pour vous dire que je vais bien. Voilà, c’est dit. J’ai remarqué qu’on ne correspond que pour s’annoncer que nous avons un quelconque problème, mais c’est aussi important de dire lorsque ça va. Alors, je le dis : Je vais bien.

         Il est vrai que ce genre de déclaration tue un peu toute discussion dans l’œuf, je l’admets. Eh bien, oui, nous sommes tous pareils : lorsque nous apprenons qu’un mal ronge une de nos connaissances, nous ne pouvons nous empêcher de faire une remarque. Nous donnons une anecdote liée au mal, du type « Je connais quelqu’un ayant eu la même chose… », ou bien « J’en ai entendu parler, et ils le soignent bien à présent», ou encore « Oulah, j’espère pour toi que ça va aller », réaction qui n’engage en rien. Il faut le reconnaître que nous sommes friands de ces échanges et anecdotes, comme si le mal nous ravissait, et le bien nous indifférenciait. Je me permets donc d’attirer votre attention sur le fait que je vais bien.

         Je l’écris ainsi puisqu’aujourd’hui je peux le dire et le mettre par écrit, je ne souffre d’aucun mal. Aucune douleur de quelque nature, pas de bobos, un vide complet de souffrance, l’absence d’affliction en tout genre, un désintérêt de la détresse pour mon être. En bref, rien d’alarmant, rien de terrifiant ou de suffisamment grave pour tirer une larme à un proche. En soi, rien. Et en cela, je peux me répéter et écrire : Je vais bien.

         Cependant, si je me dois d’être honnête, il y a bien un mal qui m’étreint. Un mal qui nous touche tous, et qui nous laisse souffreteux. Ses symptômes sont nombreux et diffèrent systématiquement selon la personne qu’il frappe. Il est pernicieux, et attend patiemment, dans l’ombre, de pouvoir s’insinuer en nous à la moindre occasion. Il ne fait aucune différence du bien portant ou du malingre. Dans mon cas, la logorrhée est un symptôme, et un remède en soi. Force m’est pourtant de reconnaître que son effet est limité. Je pense que vous l’aurez compris, mais oui, bien que j’aille bien, je m’ennuie, platement et totalement.

         Bref, je ne voudrais pas faire naître en vous ce mal, en poursuivant pour ne rien dire. Je vous souhaite d’aller bien, et en l’attente de votre réponse, je vous souhaite une bonne journée.

 

Moi.

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