Image de couverture du Pen Voilà l’été - Beach Voleyball !

Voilà l’été - Beach Voleyball !


O. DeJavel

Publié le 13/08/2022 13:50
Mis à jour le 12/09/2022 23:19

3 mins de lecture

Voilà l'été

501 mots


    Une année déjà. Si près et si loin. 

    Je me rappelle cette fin de journée où nous nous étions affrontés au volley-ball de plage. Avec ton look à la Nadine Strauss, je te martelais les balles en succession, évidemment pour te voir plonger et allonger ce corps infini, couvert de sueur et de sable alors qu’il chantait ce Han ! à l’effort. Cette plainte, j’en voulais encore et toujours plus. 

    Et puis il y eu ce moment où tu retiras tes lunettes pour mieux voir celui qui te canonnait de la sorte. Je crois que je t’ai plu au premier regard. Je n’ai retourné aucune émotion, inutile de montrer à quel point tu me troublais. Je m’étais contenté de hurler « Allez les Zéphyrs ! Un peu de nerfs ! » ce qui avait bien fait rire la galerie, puisqu’il s’agissait de votre équipe. 

    C’est à ce moment que tes yeux cillèrent, et que la commissure de tes lèvres se tira de façon à peine perceptible, sauf pour moi et peut-être pour celui-là dont le sifflement fit rire les quelque cinq cents spectateurs. L’affaire devenait gaie et vive, un brin personnelle, la foule en avait redemandée.

   Et puis en soirée, nous avions enfilé les Martinis, dansé à la musique de Drake, nos corps perdus sous les confettis, enlacés, verrouillés, tes bras sur mes épaules, ton sourire réceptif. Chassés par l’orage, nous avions couru sur la plage, ton visage perlé de pluie éclairé au flash de la foudre, et ainsi jusqu’à ta cabine où je t’avais embrassé en te plaquant contre la porte refermée. Et plus tard, entre deux gémissements, alors que nous étions en synchronie, tu m’avais soufflé à l’oreille : « Prends garde de tomber en amour… my love.

— De quelle région es-tu ? Ton pays est si grand…

— Du nord… les grands pins et tout ça.

— J’aimerais bien voir ces forêts de sapins un jour… »

    Tu avais ri et dévoré ma bouche comme un retour de service.

    Nous avions tous les deux envie de flirts, de découverte, de cette intimité de passage.

   « En amour, je change d’idée comme une fille change de vêtement, » m’avais-tu dit le lendemain alors que je refermais ton soutien-gorge. Ton accent sur le bout des pieds me faisait fondre, mais je m’étais bien gardé de répondre. 

    L’appel de mon vol se fit entendre. « Tough luck ! m’étais-je dit en franchissant la barrière, de toute façon il n’y a pas de place pour les choses sentimentales dans ma vie. » Nous n’avions même pas échangé nos adresses. Évidemment, il y avait Instagram et les réseaux sociaux, mais au fond de moi, je savais trop bien que tu fuirais dès le premier signe d’attachement. Je ne voulais surtout pas que tu me repousses. Derrière l’amoureuse de sa liberté se cachait une biche timide, facile à effaroucher. Tu es comme ça, on ne peut pas te changer. 

   L’hiver a passé, les entraînements et les études se sont enchaînés. Malgré mes efforts pour t’oublier, la fièvre de te revoir n’a pas diminué. La prochaine saison approche, la liste des tournois est publiée. Les équipes ont été formées pour la joute publicitaire. Nous sommes, bien entendu, capitaines sur des mixtes 4x4 opposés, et le tien s’appelle « Les sapins ».

  À nous deux, Guerrière des sables ! Voilà enfin l’été !