Chapitre 1 - Partie 1


John Lucas

Publié le 13/01/2021 19:59

6 mins de lecture

 Dorothy, les yeux mi-clos, essayait tant bien que mal de déchiffrer l'heure sur le réveil quand la porte de la chambre s'ouvrit sur un homme très grand aux yeux noisette et aux muscles bien dessinés. Habillé uniquement d'un caleçon, il portait un plateau sur lequel reposait deux tasses de cafés ainsi que des viennoiseries. C'était son incroyable et sexy mari, Paul.

 — Bonjour, beau brun, dit-elle d'une voix suave.

 — Joyeux anniversaire de mariage madame Lawrence !

 — Oh, merci. Tu es trop chou. J'ai vraiment de la chance de t'avoir.

 Dorothy se leva, alla étreindre son mari avec beaucoup de tendresse puis l'embrassa langoureusement. Elle remit en place sa longue chevelure rousse derrière ses oreilles et retourna au lit sans cesser de fixer son homme de ses beaux yeux bleu-vert.

 — Le petit déjeuner peut attendre, tu ne crois pas ? demanda-t-elle avec un sourire aguicheur aux lèvres.

 Pour accompagner ses paroles, elle commença à défaire les bretelles de sa nuisette, qui glissa le long de son corps aux belles courbes. Il n'en fallu pas plus pour convaincre Paul et les amoureux se laissèrent aller à un acte charnel qui célébrait les cinq ans de leur union.


 Le couple eût à peine le temps de passer quelques vêtements que Georgie, le fils de Dorothy, surgit dans la chambre et se jeta entre eux dans le lit. Il avait hérité des cheveux cuivrés et des yeux de sa mère. Il aimait beaucoup Paul, bien que celui-ci ne soit pas son père.

 Après un câlin collectif, L'homme emmena l'enfant au salon, où celui-ci se pressa d'allumer la télévision pour mettre un dessin animé. La femme se rendit à la salle de bain pour se préparer. Les adultes avaient prévu de passer une journée en amoureux pendant que Georgie irait chez la mère de Dorothy jusqu'au lendemain.

 Au programme de cette escapade romantique dans Boston : visite de l'Isabella Stewart Gardner Museum, un splendide palais italien exposant de superbes œuvres d'art, petite promenade dans les Back Bay Fens et le long de The Esplanade, pique-nique au bord du fleuve, balade sur la Charles River dans une authentique gondole vénitienne et dînez aux chandelles au Bondir.

 — Paul, tu peux aller déposer Georgie chez ma mère, cria Dorothy. J'aimerais me faire toute belle pour toi.

 — Tu es magnifique au naturel, tu sais. Il pourrait y aller seul pour une fois. Elle habite à cinq minutes à pieds d'ici. Il est assez grand maintenant, non ?

 — Tu sais que je n'aime pas le savoir seul dans les rues par les temps qui courent.

 — Si on était en Californie, je comprendrais, mais là, on est à Boston, la ville la plus tranquille des États-Unis.

 — S'il te plait ? dit-elle avec une petite moue malicieuse.

 — Bon, d'accord, maman poule.


 Après le départ de Paul, Dorothy s'appliqua un masque d'argile sur le visage et profita d'un bon bain chaud plein de mousse. Elle s'appliqua ensuite à se maquiller de la plus belle des manières pour se rendre irrésistible, bien qu'elle sût que son homme la trouverait jolie quoiqu'il arrive. Elle se rendit compte que cela lui faisait un bien fou de prendre soin d'elle. Ça lui arrivait beaucoup moins souvent depuis la naissance de son fils. Elle vivait pour lui avant tout désormais.

 La porte d'entrée claqua et la sortit de ses songes.

 — Paul, c'est toi ? interpella-t-elle. Tu en as mis du temps. Je suis presque prête.

 Aucune réponse ne lui parvint. Elle décida d'aller voir ce qu'il se passait. Qu'elle ne fut sa surprise lorsqu'elle vit un énorme bouquet de fleurs sur la table. Au même moment, son mari entra et à voir la surprise sur son visage, le cadeau ne venait pas de lui.

 — Ça vient de qui ? demanda-t-il.

 — Aucune idée, je pensais que c'était toi, pour notre anniversaire.

 Paul extirpa la carte qui avait été glissé entre deux lys et la lut à voix haute.

 — Chère Lady Spencer. J'espère que ce présent vous ravira, ce dont je ne doute guère. Il se trouve que j'ai un informateur de choix qui vous connait très bien. J'espère avoir le plaisir de vous rencontrer lors de la prochaine édition de The Race. Signé M. Willis.

 Ce nom fit parcourir un frisson de long de l'épine dorsale de Dorothy qui essaya de cacher son malaise comme elle le pût. Elle n'osa affronter le regard de son mari et porta son attention sur le bouquet.

 — Sans doute une erreur, dit-elle, prenant le mot pour l'examiner. La vieille dame du trente-neuf, ce n'est pas comme ça qu'elle s'appelle ?

 — Je ne crois pas. Et pourquoi l'inviterai-t-on à ce jeu violent ?

 — Et moi donc ?

 — C'est vrai. N'empêche que ce sont tes fleurs préférées.

 — Un simple hasard. Bon, j'enfile ma robe et on y va ?

 Elle ne laissa pas le temps à Paul de répondre et regagna la salle de bain en vitesse. Elle jeta les fleurs à la poubelle au passage.


 La journée se déroula à merveille pour les tourtereaux qui avaient l'impression de revivre leurs premiers instants ensemble. Ils étaient très amoureux l'un de l'autre mais aussi de leur belle ville de Boston, qui était épargnée par ce taux de criminalité jamais aussi élevé aux États-Unis. Le couple finissait cette romantique escapade, attablé dans leur restaurant préféré, le Bondir, à déguster un bon apéritif. Paul dévorait sa femme du regard tandis que celle-ci jouait avec ses cheveux d'un air pensive.

 — Tu penses encore à ce bouquet ? demanda-t-il. J'ai bien vu que cela t'avait troublée.

 — Mais non, répondit-elle assez nerveusement. Tu veux bien ne pas gâcher cette magnifique journée avec ces bêtises.

 — Désolé.

 Un silence s'installa avant que Paul ne s'apprêtât à reprendre la parole mais fut stoppé par Dorothy.

 — Ne me parle surtout pas de ton envie de participer à ce stupide jeu.

 L'homme mima une fermeture éclair au niveau de sa bouche et sourit à sa femme qui se mit à rire. L'ambiance redevint plus romantique pour la fin du repas et plus torride pour le reste de la nuit.





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