Il avait maudit son cœur pendant des mois et des mois…

2 mins

Mademoiselle,

Ma demoiselle.

Elle qui hante parfois mes nuits, de la plus pure des façons n’en doutez pas, et mes jours aussi. Elle n’est pas une obsession. Mais si aujourd’hui je mesure à quel point je pouvais l’aimer, j’ai toujours su que je devais y renoncer. Pour elle, j’eus déjà tendance à écouter mon cœur plus que de raison.

Quand elle a défailli, quand la maladie lui a fait poser un genou à terre, je me suis maudit, de ne pas avoir insisté plus fortement, de l’avoir laissé s’entêter jusqu’à l’épuisement.

J’avais fait part à mon meilleur ami de ma torture intérieure, des fantasmes de mon inconscient dont j’avais peur. Elle perturbe mon âme et séquestre mon cœur, l’entrainant malgré-lui sur le chemin du déshonneur.

Face à moi s’impose pourtant un dilemme, dont je me demande si je ressortirai vivant. Mourir d’amour ou mourir d’avoir aimé, car j’ai fait le choix de ne pas l’oublier. Et pourtant, je dois retenir, emprisonner en moi, mes sentiments.

Brèche dans mon cœur, cicatrice qui menace de se rouvrir au moindre effleurement. Je ne suis qu’un malade, dont on ne connaîtra pas même le secret, en me poussant dans mes derniers retranchements.

« Je suis un monstre » ai-je dit à mon meilleur ami. « Tu es sous le charme d’un mirage ou d’une sirène, voilà simplement où pour une fois, ton cœur t’emmène. Du monstre tu es bien trop loin. » Avait-il souri.

Sous la lumière blanche elle m’avait paru bien plus pâle, alors qu’autour de nous flottait l’odeur aseptisée de sa chambre d’hôpital. Elle avait serré ma main comme pour se raccrocher et, j’eus honte de penser qu’en d’autres instants ce contact aurait pu nous rapprocher. Plus tard j’appris qu’elle s’en sortirait et, il n’en fallut pas plus à mon cœur pour se trouver rassuré.

J’ai cru l’entre-apercevoir. Espoir bien trop illusoire, bien trop éphémère, s’envolant comme des feuilles d’automne emportées par le vent, bien trop vite, et laissant derrière lui le goût amer de la déception, en moi, grandissant.

J’aimerais lui dire, j’aimerais lui crier. J’aimerais en guérir, J’aimerais… simplement être en droit de vous aimer.

Mademoiselle, si vous pensez que nous ne sommes pas un erratum. Si vous décidez d’aller avec moi à l’opposé de nos détracteurs, dans le sens de nos cœurs. Alors, vous feriez de moi le plus heureux des Hommes.

C’est si tenté que je puisse penser, qu’un jour on puisse vous appeler :

Madame.

Ma Dame.

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1 Commentaire
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Marie Mahé
5 années il y a

Beau texte à nouveau. J’attends la suite.

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