Chapitre 2


Pauline Edmonds

Publié le 30/08/2021 14:30

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     Son pays, leur pays, ce n’est pas la France. Comme chez nous, il y a la mer, la plage, le soleil. Mais Aya ne va pas se baigner, du moins elle n’y va plus. Elle sort à peine de chez elle pour aller à l’école, acheter de quoi manger ou vider les poubelles. Car Aya a peur.

    Parfois, elle se remémore l’avant, le passé, celui où elle était libre de ses mouvements, et où tout semblait si beau. Les marchés immenses le long des routes, les chants religieux qui sortaient de la mosquée, et les vendeurs à la sauvette. Ça, c’était avant. Avant que des bombes ne remplacent les oiseaux, avant que la guerre n’éclate.

     Aya a tout vu, son pays se déchirer en deux, et puis les bâtiments se casser. Elle se rappelle la petite maison qu’elle aimait tant. Ce n’était pas la sienne, mais elle adorait son jardin fleuri, avec la belle cheminée fumante. Et puis un jour, la cheminée et le jardin ont disparu. Ne sont restés que les cendres des poutres de bois, et le portail en métal qui a résisté à la bombe. C’est à ce moment- là qu’Aya a cessé de sortir. Petit à petit, le pays, son pays, s’est enfermé dans une sorte de poussière, comme si un orage pouvait éclater n’importe quand. Et c’est un peu comme cela, qu’elle voit la guerre. Le mauvais temps persiste, écrasant dans sa pluie les maigres fleurs qui résistent.