Crépuscule Gris - Chapitre 3 | L'Interprète


Mke Mke

Publié le 01/04/2020 17:16
Mis à jour le 17/08/2020 16:59

19 mins de lecture

Chapitre 1 | La grotte de cristal

Chapitre 2 | Le désert

Résumé des chapitres précédents : Juan, Miguel, Franck, Julie et Marie faisaient partie d'une expédition qui visait à sécuriser une grotte dans une mine. Suite à un effondrement, ils ont émergé dans un désert inconnu. Après avoir perdu connaissance, ils se sont réveillés dans un village de montagne. Les habitants y parlent une langue inconnue et cet endroit est bercé par le cycle de deux soleils.




Ailleurs, 1999 ?

Un homme du village entreprit d’allumer le foyer. Dès lors le mystère s’épaissit. Même dans les plus improbables recoins où Franck était allé faire des sorties de spéléologie, le plus insignifiant des villages disposait d'allumettes. L’homme qui tentait d'allumer le feu frappait un petit bloc de silex contre un morceau de métal, provoquant des gerbes d’étincelles. Il s’y reprit à plusieurs fois sans trop de succès.

Le prenant en pitié, Miguel sortit un briquet de sa poche s’approcha du tas de bois. Il fit craquer la roulette du briquet et la flamme jaillit instantanément. L’homme recula avec une expression de terreur sur le visage. Une rumeur indistincte commença à résonner autour du groupe. Miguel plongea le briquet dans le bois et démarra le feu. Réalisant tardivement l’étonnement général qu’il avait suscité, il tendit le briquet à l’homme qui avança d’un pas méfiant vers lui. Le curieux finit par lui arracher vivement l'objet de la main. Après plusieurs tentatives infructueuses, Miguel lui montra la bonne façon de procéder. L'objet déclencha une fascination béate dans tout village.

Un dîner rituel commença. Les invités involontaires ne surent déterminer s’il était spécialement organisé en leur présence, ou faisait partie du rythme normal du village. La nourriture était frugale : des soupes vaguement opaques et quelques morceaux de viande, probablement d’oiseau, que les habitants leur proposèrent spontanément. Les égarés passèrent une soirée improbable à écouter des histoires dans une langue aux mots indiscernables, déclenchant chez des inconnus alternativement de l’hilarité ou de l’effroi. Dans le même temps, le briquet passait de main en main comme un talisman.




Le lendemain, Franck entreprit de communiquer par dessin interposé avec l’homme qui l’avait accueilli. Saisissant un morceau de bois calciné, il dessina sur une paroi l’oasis, les montagnes et leur lieu d’arrivée, en tentant tant bien que mal de faire comprendre qu’ils souhaitaient y retourner. Gebri saisit rapidement l'intention du spéléologue et marqua une nette désapprobation. Face à son insistance, il finit toutefois par se résigner à les y emmener. Les cinq partirent donc, accompagnés de trois hommes du village, avec suffisamment de réserves pour retourner à la grotte. Marie et Julie étaient bien plus détendues que la veille à l’idée de rentrer. Cela faisait maintenant plus de quarante-huit heures que l’équipe avait traversé le boyau.

Les hommes du village connaissaient bien la région. L’oasis se trouvait seulement à quelques heures de marche de leur village en évitant les détours. De là, le groupe s’enfonça encore plusieurs heures dans le désert, remontant les traces encore partiellement visibles des égarés. Arrivés au repère de fortune qu’ils avaient érigé, Franck mima à Gebri que ces objets oranges étaient à eux. Gebri et ses hommes inspectaient minutieusement le matériel, s’amusant à enfiler les masques transparents et à se faire peur avec la voix déformée que cela leur procurait. La porte était toujours là, mais l’eau avait envahi la grotte et débordait maintenant au milieu du désert. Pour couronner le tout, cette eau était brûlante et interdisait tout accès au puits.

Tandis que Franck restait figé, tiraillé entre tentative d’acceptation de la réalité et déni complet de la situation, Julie partit dans une crise de panique. L’idée d’être bloquée ici la fit basculer dans une transe incontrôlable et elle se précipita les mains en avant vers l'ouverture en criant

- Non, non, non, je ne peux pas rester bloquée ici !

La douleur effroyable de la brûlure lorsqu’elle glissa dans l’eau fumante lui arracha des hurlements insupportables. Tous se précipitèrent pour la sortir de l’eau en se protégeant tant bien que mal avec les lambeaux des combinaisons restés sur place. Les bras et chevilles de Julie étaient écarlates, elle se tordait de douleur au sol, incapable de se relever. C’en était joué, ils étaient coincés. Personne ne viendrait les chercher avant longtemps.

- Je ne peux pas, je ne veux pas mourir ici, pleurait Julie allongée dans le sable, la voix tordue de douleur

Les hommes du village pointèrent les soleils et désignèrent les montagnes. Il fallait rentrer car le jour commençait déjà à décliner. Julie était incapable de marcher. Ils bricolèrent un hamac avec les restes de combinaisons et les cordes, puis soulevèrent la jeune femme, qui par chance était la plus légère du groupe. Tous se relayèrent pour tenter de la ramener aussi sauve que possible au village. La situation s’aggrava malheureusement tout au long du trajet. Des cloques se formaient sur sa peau brûlée, et il n’y avait pas assez de bandages dans la trousse de secours pour protéger toute la peau à vif. Ils durent se contenter de l’essentiel. A la moitié du trajet environ, Julie n’eut même plus la force de crier et perdit connaissance. La nuit noire les enveloppa. Le groupe avançait du plus vite qu’il pouvait à la faible lueur de torches.





Ils arrivèrent exténués au petit matin au village. La condition de Julie se dégradait à vue d’œil. Elle souffrait de poussées de fièvre, et la trousse de secours se vidait dangereusement. Passée la curiosité des expérimentations médicales des étrangers, Gebri commença à être préoccupé à son tour. Miguel l'observa discrètement s'écarter du groupe. Le villageois parlait en gesticulant avec sa compagne et un homme qui devait être le chef. Leurs attitudes et leurs tons exprimaient un fort désaccord. Gebri finit par pousser l’épaule de l’autre homme dans une attitude de défiance. Miguel comprit à ses gestes qu’il se désignait lui-même pour faire quelque chose. Gebri emballa quelques affaires et partit par un sentier qui s’élevait dans la montagne. Quelque temps après, une corne de brume résonna alentour.

Dès qu'ils l'entendirent, les villageois se précipitèrent chacun vers leur logement. Ils en ressortirent avec des petits paniers tressés en osier ou en cuir, qu’ils amenèrent sur la place. Juan et Miguel ne distinguèrent pas le contenu de ces sacs, qui était volontairement recouvert d’un tissu pour le masquer à leur vue. Lorsque la compagne de Gebri passa à la hauteur de Franck, il eut juste le temps d’apercevoir de multiples granules qu’il identifia très nettement comme étant des pépites d’or. Comment un village au mode de vie aussi rustique pouvait-t-il disposer d’autant de métal précieux ? Avait-il la même valeur pour eux ? Et quand bien même, pourquoi l’amenaient-ils sur la place ? Ces questions allaient trouver leurs réponses un peu plus d’une heure plus tard quand une cloche se mit à sonner frénétiquement. Tous commencèrent à scruter le ciel.

Trois ombres impressionnantes tournoyaient au-dessus du village. Trop ébloui par les soleils, Miguel avait du mal à les distinguer précisément. De toute façon, aucun des étrangers n’aurait pu deviner ce qui approchait.

Trois créatures se posèrent sur la place. Franck dut y regarder à deux fois puis se pincer pour s'assurer qu’il ne rêvait pas. Ce n’étaient ni plus ni moins que les griffons de leur mythologie, plus gros que des chevaux, avec un faciès d’aigle à bec jaune, et quatre pattes terminées par des serres longues comme des avant-bras. Leurs ailes gigantesques se replièrent et il distingua sur leur dos une sellerie complexe, supportant un homme et des filets débordant de sacs divers. Les chevaucheurs portaient des habits soignés et qui indiquaient un niveau social bien plus élevé que ceux du village. Ils mirent pied à terre et échangèrent les cargaisons des griffons contre le contenu des paniers de pépites d'or des villageois. Il y avait clairement une relation de subordination entre eux. La compagne de Gebri échangea quelques mots avec l’un des trois hommes. Ce dernier portait un habit blanc, quelque part entre la toge romaine et l’habit des moines tibétains. L’homme l’accompagna vers là où se trouvait Julie.





Julie était brûlante et transpirait abondamment. Sa respiration trop rapide trahissait un état probablement critique. L’absence d’hygiène et le manque de matériel médical avaient empiré son état. Le chevaucheur en toge blanche s’accroupit à côté d’elle et lui prit la main. Franck le vit grimacer de douleur. Son bras trembla. Il fronça les sourcils et le groupe assista incrédule à un miracle. Les plaies de Julie se refermaient, sa peau se reconstituait petit à petit. L’homme semblait souffrir de plus en plus, des gouttes perlaient sur son front, sa main rougit. A l’instant où la dernière lésion de Julie disparut, il lâcha précipitamment la jeune femme et tomba à genoux, les mains contre le sol pour ne pas basculer.

Il regarda Julie, balaya les autres d'un regard ahuri puis rejoignit précipitamment ses deux acolytes à l'extérieur de la maison troglodyte. Il s’en suivit une discussion mouvementée entre eux. La compagne de Gebri s’assit à côté de Julie et lui prit la main en souriant. Julie était complètement guérie. Elle sourit à son tour et s’adressa à la femme

- Del eam, imana Mara
- Payki, Julie, payki, lui répondit-elle en l’enlaçant

Tous restèrent pantois face à la scène. Marie céda la première à la curiosité

- Julie, tu peux nous expliquer ?
- Je vais bien Marie, c’est le plus important
- On le voit bien, mais quand as-tu appris à parler leur langue ? lui demanda Franck
- L’homme qui est venu ici est un guérisseur, je ne saurai pas exactement t'expliquer comment, mais lorsqu’il a saisi ma main et commencé son rituel bizarre, j’ai été embarquée dans une espèce de rêve : j’étais redevenue enfant et je découvrais leur langue. J’ai compris en fait que je revivais une partie de ses souvenirs. Lorsqu’il a eu terminé, j’ai entendu des conversations au dehors, et je les comprenais. Je me suis demandé si je pourrais parler à mon tour. Les mots me sont venus naturellement, c’est… inexplicable
- Ça va bien nous aider par contre, dit Marie, tu pourras servir d’interprète ?
- Hé, doucement, j’ai compris quelques mots, c’est tout, nuança Julie
- Par contre s’il a également pu lire dans tes souvenirs, nous risquons de devenir des bêtes curieuses. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous ne faisons pas très couleur locale, prévint Franck

Comme si cette phrase était de mauvais augures, le bruit assourdissant de la corne résonna deux fois. Mara commença à courir partout affolée, en cachant des affaires. Elle échangea quelques mots avec Julie qui s’empressa d’en restituer le contenu.

- Apparemment les deux sons de corne signifient que des soldats vont venir. Le village vit de l’extraction de l’or de ces montagnes, qu’ils échangent contre des vivres et des soins de la part de « ceux qui volent ». Cette situation est clairement en défaveur de leur peuple, mais ceux qui volent ont une armée qui est venue autrefois et a massacré ou emmené ceux qui refusaient cet accord. De la manière dont elle en parle, ces gens n’ont pas l’air d’être très sympathiques. Elle pense qu’il faut que nous nous cachions et elle va nous montrer un endroit.

Ils suivirent tous les cinq Mara sur un sentier escarpé qui menait à une carrière. Plusieurs villageois s’y affairaient, certains en remplissant des sacs des petites pépites rondes qu’ils avaient vues lors de l’échange. La montagne était un vrai gruyère, des dizaines de galeries d’environ un mètre cinquante de diamètre partaient dans tous les sens. Mara leur fit signe de se cacher dans l’une d’elle. Marie entra en tête, suivie de Julie, suivies des trois hommes. Juan ferma la marche. Le boyau était long, et il y avait largement la place d’avancer. En revanche la configuration du tunnel n’avait aucun sens. Les parois étaient lisses, irrégulières et le tube prenait des virages aléatoires dans toutes les directions. Ils avaient avancé d’environ dix mètres lorsque Marie émit un cri de dégoût. Il faisait sombre et elle venait de mettre la main dans quelque chose de gluant. Julie lui plaqua la main sur la bouche pour la faire taire. Des voix provenaient d’au dehors.

- Ils nous cherchent, commenta Julie. L’homme de tout à l’heure pose des questions à Mara. Il sait qu’elle nous a emmenés ici. J’ai plus de mal avec le reste, il parle de l’or et de leur protection. Il dit qu’il faut qu’ils nous livrent ou le village en paiera les conséquences.

Ils firent silence absolu. Un étrange bruit lancinant qu’ils n’avaient pas perçu auparavant commença à émerger du silence. Un ronronnement semblable à un bruit de meule, comme si quelqu’un frottait de toutes ses forces une pierre contre la paroi. Le son se rapprochait et devenait de plus en plus insistant. Cela provenait maintenant de juste à côté d’eux. Un morceau de pierre se détacha de la paroi face à Julie. Une énorme chenille blanche dont le corps ondulait comme un ver rognait les bords de l'ouverture et avalait la pierre par une bouche qui s’apparentait à un trépan de forage couvert de dents. L'obscurité ambiante rendait la scène plus effrayante qu'elle ne l'était vraiment. Julie prit peur et commença à pousser les hommes vers la sortie

- Oh mon dieu, sortez-moi de là ! C’est horrible, ce truc va me bouffer ! Recule Franck, bon sang, recule !

Marie, pourtant pas claustrophobe mais peu friande d'insectes, se mit également à couiner tandis que l’énorme mâchoire agrandissait à chaque seconde le trou dans la paroi du boyau, sans prêter aucune attention au groupe. Franck leur fit signe de se calmer, au risque de se faire repérer. Mais le mal était fait. L’homme cria dans le tunnel, leur intimant de sortir. Il était impossible de raisonner Julie. Pour couronner le tout, de la fumée commençait à rentrer dans le tunnel. Ils finiraient de toute façon asphyxiés s’ils ne sortaient pas.





Ils se dégagèrent du boyau en file indienne, toussant les bouffées âcres de suie qu’ils avaient avalées. Leurs poursuivants avaient allumé un feu juste devant l’entrée du tunnel dans l’objectif évident de les déloger. L’un des trois chevaucheurs qui paraissait le plus gradé tenait fermement le bras de Mara. Le guérisseur et un troisième homme en armes les toisaient les bras croisés, visiblement agacés. Le gradé tira la jeune fille vers une cage qui siégeait contre une paroi. A l’intérieur se tenait immobile une espèce d’énorme libellule, dont les ailes avaient été coupées à un tiers de leur longueur. L’horrible insecte mesurait bien deux mètres des yeux à l’abdomen. Mara se débattait terrorisée. L’homme la força à passer son bras à travers les barreaux. Les villageois alentour initièrent un mouvement pour l’aider, mais furent stoppés net par le guérisseur. Gebri cria quelque chose à Mara.
Les moignons d’ailes de la libellule frémirent. Mara hurla, et essaya de se dégager en poussant contre la cage, et frappant de son autre poing l’homme qui la restreignait, sans succès. L'insecte se recroquevilla et bondit sur le bras de Mara. Il arracha un morceau de chair, sectionné net par deux mandibules démesurées. La plaie saignait abondamment, Mara convulsait de douleur. Son tortionnaire dégaina une épée et lui trancha de deux coups secs le bras au niveau du coude. La jeune femme s’effondra, sans connaissance. Le gradé fit signe aux villageois qu’ils pouvaient la ramasser. Des bruits de mastication répugnants émanaient de la cage où l’insecte engloutissait le membre amputé, rythmés par des vrombissements d’ailes avortés. Le gradé entama une tirade que Julie essaya de traduire.
- Il est en train de menacer les gens du village, en leur reprochant d’avoir essayé de nous aider à nous cacher. Il leur parle de leur protection contre les « nocturnes », du respect qu’ils doivent avoir pour le royaume. Apparemment d'autres soldats arrivent, et ils veulent nous emmener quelque part.

Franck initia un geste de rébellion, stoppé net lorsque le gradé tira de sa ceinture une dague qu'il pointa directement vers la gorge du spéléologue. Franck leva les mains en déglutissant et recula lentement vers le groupe. Il chercha des yeux un soutien auprès des villageois, mais ces derniers fixaient tous leurs pieds. C'était joué.




Trois nouvelles ombres passèrent au-dessus d’eux, trois griffons montés par des soldats en armures. Les soldats les firent avancer en vociférant vers les bêtes. Les autres étaient stoïques, mais Franck lui était au moins aussi excité qu'effrayé à l’idée de monter sur le dos d’un animal mythologique. Malheureusement la réalité fut toute autre. Les soldats les forcèrent à se serrer sur un filet dont ils nouèrent les coins aux selles des bêtes. Lorsque les griffons s’élevèrent, le filet les compressa les uns contre les autres, puis le sol s’éloigna de manière vertigineuse. L’expérience était à la fois incroyable et terrifiante, car rien ne les séparait véritablement d’une chute interminable et mortelle à part un fin treillis de cordes. Le paquetage humain volait à plusieurs dizaines de mètres du sol sans ceinture de sécurité, sans gilet de sauvetage, sans symbole lumineux pour les turbulences. L’un d’entre eux sanglotait discrètement, sans qu’aucun des autres ne puisse réellement identifier de qui il s’agissait.
Ils survolèrent une chaîne montagneuse, dont les chevaucheurs connaissaient clairement les meilleurs passages. « Ceux qui volent » traversaient les cols avec une aisance déconcertante, longeaient des vallées aux parois abruptes, tout en ménageant les efforts de leurs montures. La respiration des prisonniers se changea peu à peu en buée tandis que le sol se recouvrait d’une fine couche de neige au-dessous. L’air se rafraîchit progressivement, des flocons se collaient contre leurs vêtements avant de fondre rapidement. A mesure que le vent glacial lui fouettait les joues, Franck se mit à grelotter, collé contre le filet sans la protection dont bénéficiaient ses camarades chanceuses au milieu. Il entreprit de faire glisser son bras pour regarder sa montre. D’après sa boussole, ils volaient vers le Nord-Est.
Cette traversée dura presque deux heures, et s’acheva de l’autre côté de la chaîne de montagnes. Lorsque les animaux fantastiques franchirent le dernier col, une forteresse militaire franchement médiévale se révéla. Elle ressemblait aux châteaux forts de campagne français, avec de gros murs en pierre grise, parsemés de hautes tours. Les griffons piquèrent vers le fort, et freinèrent au dernier moment de leurs ailes gigantesques. Le filet s’ouvrit brusquement contre le sol, comme un sac soudainement dénoué. Les prisonniers prirent quelques instants pour réveiller leurs membres engourdis : Miguel faisait des moulinets avec ses bras, et Marie frappait ses pieds contre le sol pour faire revenir le sang.
D'autres soldats curieux commencèrent à affluer de tous les côtés et les observèrent comme des bêtes curieuses. Leur tenue était déconcertante. Franck se crut devant une série télé à petit budget. Tous portaient des armures en cuir sales, et paraissaient incroyablement jeunes, la majorité dans la vingtaine. Le chevaucheur gradé vociféra un ordre. Instantanément les soldats les encerclèrent, les restreignirent et ils furent jetés dans une cellule sombre et froide.






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