L’Afrique sur les quais.

2 mins

Il est dimanche matin, le seul tabac d’ouvert me fait déambuler dans le hall de la gare, j’ai besoin de ternir un peu plus mes poumons et renouveler l’air empli du doux parfum de fumée saturé de mon trois pièces cuisine.

Le poison dans la poche en cherchant ma voiture, une furie de trois pommes me défonce l’estomac, j’étais plié en deux je recherchais du souffle même empli de relents. Ma dignité remise, je recherche des poings le tank miniature pour lui latter la tôle, une espèce de bonbon de couleur chocolat des yeux qui souriaient, c’est sûr il va morfler, je cherchais la manière de le décolorer.

Il a perdu sa mère, et courrait en tous sens sans savoir ou aller ne sachant d’où venir.

j’ai dû laisser tomber mon neurone ce matin, surtout obnubilé par le manque de volutes, j’offris donc de sursoir à son exécution le temps de retrouver la tribu égarée.

Il m’avait pris la main et était accroché comme une feuille sur la branche, me prenant pour un arbre qui pousse dans ses forêts.

Il ne savait rien dire, à part qu’il devait prendre le train qui regagnait l’endroit qui se trouvait à coté de chez lui.

Que pouvais je bien lui dire, si ce n’est qu’une gare, ne menait nulle part sur d’autres continents,

La main comme une visière, sur le quai des pirogues, je cherche du regard des femmes pilant le mil, que des gens sans couleur, je vais avoir du mal dans la foule en partance, j’essaie de tendre l’oreille pour voir si je distingue comme le bruit d’un tam-tam.

D’un seul coup il me tire et m’amène vers une fille entourée de valises.

Des sandales au bustier, elle est fluorescente, habillée de couleurs pire qu’une pochette surprise, le moindre de ses gestes déclenchaient un mouvement, que les trains au départ prenaient pour un signal, et en me remerciant d’avoir trouvé son fils, elle m’explique que le sien venait juste de partir, elle à dû faire le geste d’un poteau de départ, elle ne savait quoi faire, plus de correspondance, rien pour se reposer, plus rien avant deux jours.

Je crois que j’ai craqué quand j’ai vu dans ses yeux son immense désespoir, son grand corps longiligne s’affaissait sur le quai, quelques larmes perlaient, je cherchais vainement mon neurone oublié, je me suis proposé.

Je me suis proposé, de ramener la tribu à deux cent kilomètres, moins loin qu’un continent, j’avais le plein d’essence, je suis resté trois jours à visiter sa case aux sons d’une musique aux relents africains.

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2 Commentaires
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Bernadette Succube
4 années il y a

Une tranche de vie bien pétillante !!

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