Épisode 1 1001 projets

4 mins

Je suis une femme de 37 ans, valide et dépressive. Je vis à Courbevoie (Hauts-de-Seine) depuis peu, pas loin du parvis de la Défense.

Image du Pen WikiPen
Je suis au chômage depuis fin 2018. Mon dernier poste, occupé pendant quatre ans, s’est terminé avec un burnout un peu piquant, je me suis donc laissé glisser dans une oisiveté quasi complète le temps de reprendre mes esprits.
J’habite un appartement que j’adore, ce qui a été “idéal” pour télétravailler (merci la flexibilité de mon unique cliente), et dès que je veux bouger, “niveau transports c’est direct”. C’est ce que je me répète en boucle quand je veux me rappeler pourquoi j’ai quitté mon petit (quartier bobo avec plein de potes) studio du 20e arrondissement de Paris. J’ai bien profité d’un hiver au chaud dans ma maison cosy, mais si je ne trouve pas vite une curiosité locale digne de ce nom, je retombe dans ma mouise aussi sec, chplaf !

Alors, que faire ?

Depuis peu, mes vagues projets deviennent des idées de trucs à faire seule ou avec des ami.e.s ; aucune n’est vraiment rentable mais toutes peuvent être sympas. Encore un peu et de moteurs, ces idées deviennent carrément des freins d’urgence : après une saison entière passée à chiller (me détendre ou gérer mes angoisses, disons), je me retrouve dans une situation complètement idiote d’avoir trop de projets devant moi. À devoir dire non à des trucs sans savoir lesquels ; à ne pas oser dire non trop vite à un nouveau truc, pour gagner du temps et voir ce que c’est, mais savoir que ce ne sera pas possible ; ou encore (mon préféré) avoir très envie de faire un truc, mais lâcher l’affaire en mode flemme dès que ça arrête d’être drôle ????
Quand je parle de “trucs” et de “projets”, je parle de faire un beau bouquin avec des images, publier un gros texte, faire des entretiens pour écrire des articles, (apprendre à) dessiner, râler sur mon blog, continuer à me balader en prenant en photo l’absurdité graphique de la vie et, accessoirement, mais c’est vraiment parce qu’il le faut, gagner de l’argent.
L’idéal serait que tout ça s’agglutine autour de mon autoentreprise créée il y a six ans, qui est en sortie progressive de comas depuis huit mois. En gros j’ai la boîte, les idées et le temps, ne reste plus qu’à trouver les clients, me former, développer mon activité et hop, PAF ! une nouvelle todolist. Attends la fin, tu vas te marrer.

1. Trouver des clients
Je vais envoyer ma dernière facture à mon unique cliente depuis huit mois (je retarde un peu) et après, c’est fini. Je n’aurai plus que mes économies et le Pôle emploi pour quelques mois. Ce n’est pas comme si j’étais à la rue, mais va falloir que je sorte mes doigts de mon anus.
D’un côté je suis prête à choper n’importe quel contrat (au besoin, le créer) du même genre que ce que je faisais jusque là, en comptant sur mes contacts et mes acquis. Facile (relativement). Et d’un autre, j’ai envie de développer-mon-activité comme on dit (tu la sens, la sensation d’imposture qui transpire chacune de mes expressions liées à l’ambition ?) avec des formations, de la com’, du personnal branding et une newsletter hyper à la mode. Mais dans ce cas, j’aimerais me faire coacher pour ma communication, et il faudrait que ce soit une personne qui puisse me conseiller dans les ups et dans les downs et franchement, je ne vois pas qui pourrait faire ça à part mon amoureux (qui n’y connaît pas grand chose en communication)… complexe.
Ou alors : je peux apprendre tout ça toute seule en ligne. Mohahaha, je n’aurai jamais la constance nécessaire.

2. Me former
Du coup bah bon ben si, d’une manière ou d’une autre, il va. Falloir. Apprendre.
•    Faire un site internet pro, avec mon parcours d’un côté et mon blog de râleuse de l’autre.
•    Apprendre à rédiger “pour le web”, si j’ai bien compris, en optimisant des mots clefs pour moteurs de recherche (entre autres). Utile pour mon blog, et aussi pour vendre mes services de rédactrice, à terme. Vraiment pas sûre de comprendre de quoi il s’agit mais faut que je me renseigne.
•    Développer une mailing list, une “communauté” à “animer” ???? Ce sont des termes qui me donnent à la fois honte (genre moi je vais me faire aimer par des inconnus…?) et envie (j’adore écrire des emails qui commencent par “Salut les ptits choux ! Comment ça va la vie ? Alors moi cette semaine…”).
•    Apprendre à faire des images à la mode. Oui, j’ai envie de mode. J’ai adoré faire les visuels carrés sur Canva qui disent de manière graphique pop, bubblegum, rétro, océanique ou fleurie :

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Je dois en avoir une trentaine je pense. J’ai juste l’impression qu’il me manque une case “bon goût” ou à défaut “goût identifiable”, ce qui m’empêche de savoir vraiment comment faire pour que ça en jette, comme les créations graphiques de Klaire fait grr ou les bannières Youtube de Solange te parle. En vrai, ça en jette un minimum, grâce aux gabarits du programme. Mais je serais incapable de les harmoniser (je vais me faire chier au bout de deux déclinaisons, trois MAXI) et encore moins d’en créer de toutes pièces. J’ai plus le réflexe story bordélique, en termes d’impact visuel. Bref je suis pas graphiste.

3. Développer ma boîte
Je n’ai pas encore parlé de l’accompagnement courbevoisien des entrepreneurs.
Alliant l’utile à l’agréable (développer mon activité tout en découvrant les atouts de la région), je me suis intéressée à ce que la mairie de Courbevoie pouvait bien offrir aux entrepreneurs. Je n’ai pas été déçue. Les services du Développement économique et de l’Innovation, ou choses comme ça, font du gros rentre-dedans aux entreprises et proposent gratuitement des tonnes d’ateliers, rencontres, conférences, et divers types de coaching autour de l’entreprenariat.

Le rêve ! Sur le papier.
Moi le rêve, dans la vraie vie, je n’y crois pas une seconde, alors il va falloir me convaincre. Mais je veux bien suivre la visite.
Bienvenue dans Épidermique, le récit d’une tranche de ma vie d’entrepreneuse angoissée – avec un peu de piment dedans.

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2 Commentaires
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Patricia Saccaggi
4 années il y a

Le boulot ‘forcé’ est antinomique à la nature intrinsèque d’humain… à mon avis.

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