Tribulation, Chapitre 12

5 mins

CHAPITRE 12

Les gueules de bois deviennent de plus en plus difficile à supporter. Bob s’enfile un grand verre d’eau. Il se précipite au chiotte pour l’expulser quelques secondes plus tard. L’absence de son Walter le pèse énormément. Il s’assoit à son bureau et s’allume une clope, tourmenté par l’image de tout ces gamins enchaînés. Et si la disparition de son fils Peter était liée ? Il ne pouvait pas l’abandonner une seconde fois. Il ne pouvait pas rester les bras croisés sans rien faire. Cette histoire aura sans aucun doute sa peau, mais que reste t’il de lui depuis la disparition de son fils ? Rien. Absolument rien. Bob angoisse. Il renverse son bureau qui s’écrase sur le sol. Ses dossiers s’échappent de ses tiroirs. Il garde toujours les coordonnées de ses clients. S’ils ont décidé de se débarrasser de Madame Adamsky, c’est sûrement quelle en savez beaucoup sur leurs agissements. Il met la main sur son adresse puis prépare un sac à dos avec les affaires dont il aura sans doute besoin. Il enfile sa veste, son béret et part à la recherche d’indices qui pourront le mettre sur la bonne piste.

                                  Bob attend appuyé contre le mur de l’immeuble en ruine. Attendre n’a jamais été une contrainte pour lui. Il aime observer les passants, en se posant des questions sur leur vie privée. Le métier lui à souvent appris qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences. Il écrase son dixième mégot sur le bitume. Un ivrogne titube jusqu’au seuil du bâtiment. Lorsque il ouvre la porte en aluminium sécurisée, Bob en profite pour la bloquer avec la pointe de son pied. Une fois dans le hall, il cherche dans la tonne de boîte au lettre celle appartenant à Madame Adamsky. Par veine, le numéro de son domicile y est indiqué. Il se demande pourquoi à chaque fois qu’il se trouve dans un immeuble faut toujours que l’ascenseur soit en panne. Il dépasse dans l’escalier tortueux, l’ivrogne se tenant à la rambarde pour ne pas faire chemin inverse et tout dévaler sur le cul. Bob est asphyxié par l’ascension des six étages. Il reprend son souffle dans l’étroit couloir à la peinture verte foncée. L’atmosphère lugubre est renforcée par l’éclairage d’une seule ampoule perchée au plafond par un fil électrique dénudée faisant des vas et vient. Bob se présente devant la porte d’entrée. Un paillasson glauque au motif rappelant ceux d’une planche de Ouija, n’est pas des plus accueillant. Personne en vue, Bob retire son sac à dos et se lance dans ses œuvres. A l’aide de sa carte de salle de sport dans laquelle il n’a jamais foutu les pieds, d’un tournevis, d’une clé Allen, d’un trombone et d’un marteau, il vient rapidement à bout de la serrure. Rarement un appartement lui paru aussi sordide. A peine les pieds franchit dans le hall, que l’odeur de renfermé à peine supportable atteint ses narines. Peu serein, il laisse la porte d’entrée à demi ouverte. Plus il s’aventure dans l’antre de Madame Adamsky, et plus le son strident d’une horloge s’accentue. La désagréable sensation que les visages des chats sur le papier peint du salon l’observe le tend d’autant plus. Après les félins, c’est au tour des poupées en porcelaine rangés avec précaution sur l’étagère, de l’avoir à l’œil. S’ils les avaient vu à l’entrée, il ne serait probablement jamais entrée. Bob haït les poupées en porcelaine. Il n’arrive pas à détourner son regard d’elle avec l’étrange ressenti qu’une de ces antiquités est sur le point de lui sauter littéralement au visage. Le studio est identique à celui qu’on imagine d’un serial killer ou d’une démente. La pièce est pratiquement vide, si ce n’est que le sol est recouvert de sac poubelle plein, dont l’odeur de moisie est si infecte qu’elle pique les yeux. Il sort un mouchoir et recouvre son visage. Il est à deux doigt d’ouvrir la fenêtre mais n’ose toucher la poignet. Sur la mini table fabriquée en palette, seul meuble présent avec l’étagère ancestrale, un plat de ravioli à la bolognaise est entrain de pourrir. Il s’avance devant un grand mur dominant l’espace, à la tapisserie toute gondolée et encornée sur les côtés. Curieux, ou possédant un sens de détective jusqu’alors insoupçonné, Bob se saisit d’un bout du papier peint puis le tire. Stupeur. Au revers, le mur blanc est recouvert d’une tonnes d’informations en tout genre digne d’une recherche faite par un agent du FBI. Des plans, des photos, des croquis tout les indices sur l’enquête y sont dissimulés. Bob se précipite de sortir son téléphone portable pour prendre des photos. La photographie d’un groupe de chatons dans une boite en carton, et surtout celle d’une peau tatouée d’une forme de triangle au trait épais requiert particulièrement son attention. Mais il n’en revient pas lorsque il constate juste au dessus, le portrait entourée d’un marqueur rouge, de l’homme d’affaire, reconverti en politique, François Picot. Il se saisit des clichés et les met bien à l’abri dans sa veste en se disant qu’en définitive la vieille n’était pas si folle. Lorsque, il se retourne et que son regard épouse celui des porcelaines, il a la terrible sensation qu’une a disparut. Maintenant qu’il a tout ce qu’il faut, il veut sortir rapidement d’ici avant que la peur lui provoque une crise cardiaque. Cependant, il a une dernière interrogation. Ce bruit d’horloge est insistant. Et pourtant aucune n’est présente dans ce foutu tombeau. Penchant l’oreille, il tente de trouver l’origine de ce son. La source se trouve dans une autre pièce au fond de l’appartement. Malgré la crainte, il ne peut quitter les lieux sans réunir tout les indices possibles. Après mûre réflexion, il se décide enfin à tourner la poignet, un surprenant clac fait vibrer son tympan en même temps qu’un fil blanc se décroche de la porte. Effaré, un cadavre nu ensanglanté est scotché par du ruban adhésif gris épais, sur la cuvette des chiottes. Sur son ventre est écrit en lettre majuscule avec son propre sang « Bye-Bye ». Un explosif pas plus gros que le poing de Bob, est confortablement mis en évidence sur les genoux du macchabé. Le « tic tac » s’emballe tout comme le cœur de Bob. Il n’a pas de temps à perdre, l’explosion va avoir lieu dans les secondes à venir. Il traverse l’appartement à la vitesse de l’éclair. Arrivé au seuil de la porte dans le couloir, il se trouve au même étage que l’ivrogne qui s’avère n’être qu’un imposteur. Ce dernier sort de sa veste marron, un petit glock et se met à hurler : « Police, on ne bouge plus ». Bob n’a pas le temps de comprendre que c’est l’agent chargé de sa surveillance. Il lui conseille de fuir à gorge déployée et de tout son poids bloque la porte de l’ancien appartement de Madame Adamsky. Soudain la détonation est si forte, que la porte et Bob lui même sont propulsés dans les airs avant de s’écraser enfoncés contre le mur du couloir. La secousse est si violente que le policier en civil est balayer sur le sol, son revolver s’échappant de ses mains. Il ne reste du logement plus que des débris et des cendres. Bob reprend difficilement ses esprits. Son épaule lui fait un mal de chien. Cette douleur lui remémore son accident de ski lors d’un séjour à la montagne avec Julie et Peter. Il se dit qu’elle est luxé à tout les coups. Le flic commence lui aussi à s’éveiller. Putain Peter… Il ne peut pas lâcher maintenant. Il a enfin retrouver un objectif. Un but dans sa misérable vie. Un espoir qui ravive tout son être. Le flicard secoue la tête, il est à deux doigt de se remettre sur ses jambes. D’une force qu’il ne s’était alors jamais soupçonné de posséder, il réussit à se relever. Il se précipite vers l’agent et d’un coup de pied puissant faut virevolter le Glock avant que le policier mette la main dessus. Jamais il aura dévalé des escaliers aussi rapidement. Le flic ne peut qu’apercevoir l’ombre du détective disparaître dans les marches.

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