Une capuche au soleil

2 mins

Moi le cavalier solitaire, celui qui ne vit pas pour les autres, pour la statue de lui même qu’il s’est construit. Je vais si vite, si loin, si beau, si fort sans pouvoir ralentir. Combattant une armée, mourant d’être aimée. Asséchée par l’image de moi, qui me réduit en esclavage. Je me fâche, m’en vais, violent, vagabond. L’énergie que je retrouve c’est mon ego qui la distribue, m’en en privant immédiatement après. Mes pires angoisses ? Dieu, la mort, autrui. Tous ces traumatismes qui me collent et que je n’enlève pas car j’avance, trop vite, trop décidé, trop fier. J’enrage. L’admiration que j’éprouve va aux gens violents, ambitieux, puissants, démesurés. J’aime à me perdre dans des tunnels sans intelligence. Plus je commets le meurtre de mon innocence plus je comprends que le maigre démon qui somnolait au fond de mon âme devient un monstre. Pour l’instant il est retenu par un plafond de bois, un jour il sortira pour dévorer mon entourage. A moins que je le matte sévèrement. Serais-je un mauvais ? Irai-je en enfer ? Je pleure de cette imperfection si laide que je traîne, que j’étale sur la boue. Un corps disloqué, troué, verdâtre, sale, laid. Ce corps est un être. Cet être est moi. Pourquoi manqué-je de talent ? Pourquoi dit-on de moi “bizarre” ? Pourquoi ne suis-je pas conçu pour être aimé ? Le monde est si vaste pour si peu d’amour à offrir, trop peu de place à donner à trop d’imbéciles. Comment ne pas mourir de solitude ? De désespoir ? J’en veux à mes parents de m’avoir mis au monde. Pour la maladie qu’ils ont engendrés. Ils ont accouchés d’un garçon sinistre. Malheureux, mauvais, cupide. Ne suis-je pas fait pour la beauté, moi “prince esthète” ? Et pourtant non, j’étouffe de noirceur… Des ratés mangeraient leur propre table tant ce qu’ils ont cuisinés est hideux. Moi je vis pour créer, créer pour prendre la place dédiée à mes concurrents. Je vais cacher ce que les pourritures qui m’entourent veulent donner au monde. Je les surpasse car je regorge de génie. J’adore Nietzsche ! Nietzsche est mon Dieu ! Mon Roi ! Je veux mourir de folie ! Amen. Le bateau coule. Amen. Enculé de tes morts. Amen. 

No account yet? Register

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Lire

Plonge dans un océan de mots, explore des mondes imaginaires et découvre des histoires captivantes qui éveilleront ton esprit. Laisse la magie des pages t’emporter vers des horizons infinis de connaissances et d’émotions.

Écrire

Libère ta créativité, exprime tes pensées les plus profondes et donne vie à tes idées. Avec WikiPen, ta plume devient une baguette magique, te permettant de créer des univers uniques et de partager ta voix avec le monde.

Intéragir

Connecte-toi avec une communauté de passionnés, échange des idées, reçois des commentaires constructifs et partage tes impressions.

0
Exprimez-vous dans les commentairesx