Mélissa et le miroir magique

13 mins

Melissa a 12 ans. Elle est grande et mince. Elle est également très jolie et elle le sait car trop souvent les amis de ses parents n’hésitent pas à dire :

– Votre fille est ravissante, vous en ferez certainement plus tard une mannequin.

Elle prend de plus en plus de plaisir à lisser ses longs cheveux pendant des heures entières. Elle soigne également sa peau à la moindre petite irritation. Elle prend grand soin de son corps, mange équilibré, fait du sport. Elle veut être en pleine forme afin d’être admirée de tous. A l’école comme à la maison, elle a toujours à portée de la main sa petite glace. Elle imagine que son miroir est magique, et elle s’amuse à lui demander :

– Miroir magique, dis-moi qui est la plus jolie fille de la région ?

Elle aime imaginer qu’il lui réponde qu’elle est effectivement la plus jolie petite fille de la région. Chaque jour Mélissa devient de plus en plus hautaine et sur d’elle. Elle n’hésite pas à se moquer de ses petites camarades, celles qui ont quelques boutons d’acné sur le visage ou bien celles qui sont un peu plus rondes qu’elle. Sa maman a beaucoup de peine de voir sa fille se transformer ainsi. Mélissa était si gentille et mignonne enfant. Elle était gracieuse et serviable. Elle souriait volontiers à tout le monde. Mais aujourd’hui, elle a un regard lointain et suffisant, ce n’est plus sa petite fille mais quelqu’un d’autre. Sa maman ne sait plus comment faire pour la remettre dans le droit chemin. Un jour où Melissa se regarde comme chaque fois qu’elle le peut dans sa glace, sa maman lui dit :

– Attention ma chérie, un jour à force de t’admirer dans ce miroir en souhaitant qu’il soit magique, tu risques d’être surprise si ton vœu est exaucé.

J’aimerais bien qu’il soit magique pense Mélissa, en interrogeant son miroir :

– Miroir magique, dis-moi qu’elle est la plus jolie fille de la région ?

Puis en imaginant qu’il lui réponde, elle se place derrière le petit miroir et parle en prenant une grosse voix grave venue des profondeurs :

– Mais c’est toi Mélissa, la plus jolie fille de la région.

A peine a-t-elle fini sa phrase que Mélissa est comme aspirée dans le miroir. Une sensation étrange l’envahit. Elle a l’impression de se voir de l’intérieur du miroir. C’est très bizarre ! Effectivement Mélissa est devant la glace totalement immobile comme statufiée. Elle se regarde mais ne comprend pas ce qu’elle voit. Il y a deux Mélissa, elle-même et une autre dans le miroir lui-même cependant ce n’est pas son reflet exact. Chacune d’elle essaie de parler mais là encore une chose horrible les terrifie. La vraie Mélissa qui est dans la chambre est devenue subitement muette quant à l’autre Mélissa, son double dans le miroir parle avec la grosse voix grave venue des profondeurs qui ressemble étrangement à celle qu’elle avait prise quelques instants plus tôt. Elle dit en s’adressant à la vraie Mélissa :

– Tu t’es moquée de moi, ton miroir, alors que depuis toutes ses années, je suis à tes côtés et je ne t’ai jamais trahie. Je t’ai toujours renvoyé un reflet aussi parfait que ton visage et j’ai sans doute eu tort. Mais aujourd’hui, tu as dépassé les limites autorisées alors je te punis. Tu resteras ma prisonnière tant que tu ne te seras pas acquittée.

Mélissa voudrait interroger le miroir, mais aucun son ne sort de sa bouche. Pourtant le reflet semble comprendre ce qu’elle veut dire et lui répond à son tour.

– De quoi dois-tu t’acquitter ? Dit-il en regardant la vraie Mélissa.

– Et bien trouve la réponse et je te libérerai.

– Où peux-tu trouver la réponse ? demande-t-il encore en lisant dans les pensées de la vraie Mélissa.

– C’est très simple, cherche à l’intérieur du miroir, la réponse y est cachée. Je te laisse désormais face à toi-même, lorsque tu auras trouvé, je le saurai.

Enfin la voix grave venue des profondeurs se tait et un silence pesant envahi la chambre. Mélissa voudrait crier. Peut-être appeler sa maman pour qu’elle lui vienne en aide mais elle ne peut pas et son reflet l’a comprise. D’une voix douce qui ressemble désormais à la voix de Mélissa lorsqu’elle était enfant, le reflet lui dit :

– Ne t’inquiète pas, je vais t’aider et nous trouverons ensemble une solution. Mais Mélissa est si en colère de ce qui lui arrive qu’elle sort de sa chambre en claquant la porte derrière elle. Durant toute la journée, elle ne parle pas et personne ne s’en étonne. Quand le soir sa maman la questionne sans plus de succès, elle suppose que c’est encore une de ses excuses pour se faire remarquer. Depuis bientôt une heure, Mélissa retarde le moment d’aller se coucher. Elle appréhende de pénétrer dans sa propre chambre. Pour la première fois, ses propres réactions lui font peur. Elle ment tellement qu’elle ne sait pas si ce qui s’est produit aujourd’hui s’est réellement passé ou si elle a tout imaginé. Il faudra bien qu’elle se décide à regagner sa chambre. Elle s’engage avec prudence et se dirige vers sa coiffeuse où est le miroir. Tout parait calme. Rien n’apparaît dans le miroir. Mélissa pousse un soupir de soulagement et pense à haute voix :

– Mon dieu que j’ai eu peur. J’ai vraiment cru que tout ceci c’était réellement produit. Mais il n’en est rien. Je vais aller me coucher et demain tout ira mieux.

Elle met sa chemise de nuit et s’apprête à se coucher lorsqu’elle entend la douce voix qu’elle avait, étant enfant :

– Ah, c’est enfin toi ! Tu te décides tout de même à rentrer. Je t’ai attendue toute la journée.

La voix fait tressaillir Mélissa qui n’en croit pas ses oreilles.

– Comment est-ce possible ? pense Mélissa en se dirigeant vers le miroir. Elle aperçoit effectivement son reflet qui parle en s’adressant à elle :

– Ce n’était donc pas un cauchemar. Tout a réellement eu lieu !

Et la voix continue :

– Tu n’y croyais pas ?

Mélissa folle de rage saisi le miroir et s’apprête à le jeter à terre, lorsque le reflet lui dit avec cette fois la grosse voix grave venue des profondeurs :

– Attention si tu fais cela, tu resteras muette à jamais.

Mélissa hésite et repose le miroir. Mais elle refuse d’écouter à nouveau celui-ci, et le range au fond d’un tiroir. Plusieurs jours se passent sans que Mélissa ne s’exprime. Cette fois sa maman se soucie davantage. Elle décide de l’emmener voir un médecin. Après une longue auscultation, les conclusions du médecin sont évidentes. Mélissa ne parle pas car elle ne veut pas parler. Elle n’est atteinte d’aucun trouble qui l’empêcherait de s’exprimer. Chaque jour, la situation de Mélissa devient de plus en plus pénible. Tout le monde cherche des explications à son comportement. Ses parents sont bouleversés et ne cessent de l’emmener voir les plus grands spécialistes de tous ordres. Certains parlent d’un choc psychologique, d’autres souhaitent lui faire passer des examens plus approfondis ou veulent la faire hospitaliser, d’autres encore parlent de magie noire et d’envoûtement. Mélissa pense que les gens autour d’elle sont tous devenus fous. Ses amies qui autrefois l’admiraient, la plaignent aujourd’hui :

– Pauvre Mélissa, elle qui avait tout pour réussir hier, n’a plus rien aujourd’hui. Quelle histoire ! Que va-t-elle devenir ?

A bout de patience, Mélissa ne peut pas rester sans rien faire si elle veut retrouver sa voix. Mais quoi faire ? Elle se souvient alors du miroir et du reflet et décide qu’il est temps de le ressortir. Mélissa va dans sa chambre et fouille le tiroir où elle se souvient l’avoir mis il y a bientôt un mois. Il n’est pas là. Elle cherche encore et sort tout ce qui s’y trouve. Mais non ! Le miroir a disparu. Peut-être l’a-t-elle mis ailleurs ? Elle essaie de se souvenir mais c’est terrible rien ne lui revient en mémoire. Elle met sa chambre sens dessus-dessous sans plus de succès. A cet instant, sa maman s’introduit dans sa chambre. Elle est très inquiète de voir sa fille dans cet état d’énervement qu’elle n’a jamais eu auparavant. Elle tente de se faire comprendre par sa maman sans succès, ce qui la met encore plus en colère. Cependant elle apprend que sa mère en rangeant sa chambre ce matin a malencontreusement fait tomber le miroir qui s’est cassé en trois morceaux. Bien entendu sa maman l’a jeté. Elle n’est pas au courant de l’histoire qui la lie à celui-ci. Elle doit maintenant aller le chercher et essayer de recoller les morceaux. Mélissa est vraiment excitée. Sa maman soucieuse se décide à joindre leur médecin de famille. Peu après le coup de téléphone, le docteur Jardin arrive et donne à Mélissa un calmant. Lui non plus ne semble pas saisir la situation. C’est pourtant le médecin le plus compétent de la région. Bon nombre d’amies et de relations de la famille se font soigner par lui et le plus souvent ses diagnostiques sont précis et ses remèdes efficaces. Dans le cas présent, personne n’est vraiment capable d’expliquer ce qui est arrivé ou ce qui arrive à Mélissa. Il est vrai que si elle donnait la véritable explication à son mutisme, les médecins n’essaieraient plus de la soigner mais la feraient certainement enfermer chez les fous. Sa maman sans doute, elle aussi aurait du mal à la croire. Elle ment si souvent !…

Après une sieste forcée due au calmant que le docteur Jardin lui a administré, Mélissa se réveille un peu moins énervée. Elle se souvient de ce que sa maman lui a annoncé à propos de son miroir. Cette fois, elle veut rester calme, elle a appris à ses dépens qu’il faut rester maître de la situation. Il ne faut pas laisser au docteur Jardin l’occasion de revenir. Dans la plus grande sérénité, Mélissa se lève et se rend dans la cuisine. Par chance sa maman n’y est pas. Là, toujours dans le plus grand calme, elle ouvre la poubelle et commence à fouiller d’un air un peu dégoûté. Ses doigts touchent toutes sortes de choses : des épluchures de pommes de terre, un pot de crème fraîche à moitié vide, quelques kleenex, … Enfin tout au fond de la poubelle il y a les trois morceaux du miroir. Elle les prend délicatement sans se couper. Elle ramasse également l’encadrement de celui-ci. Puis l’air de rien, elle retourne dans sa chambre où elle s’y enferme. Installée à son bureau, elle nettoie chaque morceau. Une fois toutes les pièces bien propres, elle reconstitue la glace comme un puzzle. Par chance aucun élément ne manque, une fois recollé et placé dans le cadre, la glace est reconstituée et le temps d’un éclair le reflet réapparaît.

– Bonjour Mélissa, j’ai vraiment cru que jamais je ne te reverrai. Je suis très heureuse que tu te sois enfin décidée, lui dit le reflet.

Mélissa est également très heureuse de se revoir dans le miroir. Elle se demande ce qu’elle va devoir faire pour récupérer la parole. Son reflet répond à la question muette qu’elle a dans la tête.

– Ne te soucie pas, tu n’as qu’as penser à quelque chose et je comprendrai.

A partir de cet instant, un dialogue sous forme de monologue s’instaure entre Mélissa et son reflet. Dans un premier temps Mélissa réclame par la pensée à son reflet de faire le tour du miroir afin de savoir ce qui s’y cache. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le reflet observe l’endroit où il est situé et le décrit à Mélissa. Le reflet dit :

– Je suis dans un grande pièce toute blanche entourée de quatre murs. Sur deux d’entre eux je vois une porte de couleur, l’une est bleue l’autre est rouge. Sur les deux autres murs, il y a une porte en verre. De chacune de ces portes transparentes on aperçoit ce qu’il y a de l’autre côté. Ce sont deux autres pièces semblables à la première avec juste des portes de couleur différente.

Mélissa écoute attentivement son reflet. Elle a pris un crayon et un papier afin d’imaginer ce qui lui est décrit, elle effectue un dessin. Elle comprend ainsi que chacune des pièces doit correspondre à chaque partie du miroir brisé. Mélissa pense :

– Peux-tu pousser une des portes en verre pour pénétrer dans les autres pièces ?

A peine Mélissa a-t-elle fini de penser sa question que le reflet lui répond :

– Je vais essayer. Elle a beau tirer et pousser rien n’y fait. Le reflet reste bloquer dans la première pièce. Très spontanément, il se dirige vers la porte bleue et tourne la poignée. Au même moment une magnifique lueur bleutée illumine la pièce et de celle-ci apparaît une jeune femme presque irréelle. En s’adressant à la vraie Mélissa, et dit :

– Bonjour Mélissa, je suis Diane, la fée du ciel. Si tu veux parler à nouveau, tu dois te résoudre à changer ton physique. Tu seras désormais toute ronde comme ton amie Annick dont tu te moquais si souvent.

A ces mots Mélissa tressaille d’horreur et refuse. La fée comprend et ajoute :

– Puisque c’est ainsi, poursuis ton chemin, je ne peux plus rien faire pour toi.

Tout aussi soudainement qu’elle était apparue, la fée bleue disparait laissant Mélissa à ses réflexions.

Le reflet s’avance vers la porte rouge et tente de l’ouvrir. Mais rien ne se passe. Mélissa interroge des yeux son reflet :

– Que vois-tu ?

Timidement le reflet avance vers la porte entrouverte :

– Je vois un escalier et j’aperçois au bas de celui-ci une petite lampe.

– Descends, exige Mélissa en pensée.

Le reflet n’est pas rassuré et dit :

– Il fait très noir et j’ai un peu peur.

Mélissa ne veut rien entendre et lui ordonne d’un regard très dur de descendre. Le reflet avance doucement et pénètre dans l’encadrement de la porte. A peine a-t-elle posé le pied sur la première marche, qu’elle est comme aspirée dans un grand puits sans fin.

– Au secours ours, ours, ours, …

Puis c’est le silence. Mélissa a beau se concentrer, elle ne réussit pas à joindre son reflet. Tout est fini. Elle n’a pas su saisir sa première chance de pouvoir enfin reparler. Mélissa prend sa tête dans ses mains et se met à pleurer au-dessus du miroir. Ses larmes sont de plus en plus grosses tant son chagrin est énorme. Elle est inconsolable. Puis tout à coup, elle entend :

– Arrête, tu veux donc me noyer. J’ai déjà de l’eau jusqu’aux genoux. J’ai découvert un message pour toi, Mélissa, il dit « Ne néglige aucun événement aujourd’hui car tu pourrais le regretter plus tard ».

Le reflet reste silencieux puis reprend :

– Je suis bloquée au fond de ce puits et je ne pense pas pouvoir d’aider à nouveau. Bonne chance Mélissa et adieu.

Mélissa se est à nouveau seule face à elle-même. Bientôt elle est soustraite à ses songes par sa maman qui tambourine à sa porte :

– Mélissa, tout va bien ? réponds-moi, et débloque le loquet s’il te plait, sois gentille je m’inquiète…

Comme une somnambule, Mélissa se dirige vers la porte et l’ouvre. Elle a de grosses larmes qui coulent le long de ses joues. Sa maman la serre dans ses bras et l’embrasse en la consolant. Elle paraît si fragile. Elle fait un gros câlin avec sa maman qui est transportée de joie. La matinée est déjà bien avancée, il est presque l’heure de déjeuner. Doucement Mélissa entreprend de mettre la table. Vers midi tout le monde passe à table. Le repas se déroule dans un grand silence. Comparé aux jours précédents, il règne une grande sérénité. Chacun observe les réactions de son voisin. A la fin du repas, Mélissa se lève et commence à débarrasser. Bien que très heureuse de voir sa fille agir pour la première fois depuis longtemps avec gentillesse, sa maman est préoccupée. Après avoir tout rangé, Mélissa se retire dans sa chambre. Elle s’installe à son bureau et fixe le miroir d’un air désabusé. Si elle reste là, elle va encore fondre en larmes en songeant à ce qui s’est produit tout à l’heure. Elle a perdu sa voix certes, mais ce n’est pas le plus grave. Avoir perdu son reflet lui semble encore plus pénible. Elle a la sensation d’avoir perdu une partie d’elle-même, sans doute le meilleur d’elle-même. Son reflet représentait la douceur et la gentillesse, des qualités qu’elle a au fil des années oubliées. Mélissa se lève quand elle entend :

– Mélissa, coucou, c’est moi, j’ai réussi à trouver une sortie.

Son cœur bat si fort qu’elle a l’impression de ne plus pouvoir respirer. Ses yeux se sont fermés spontanément et elle n’ose plus les ré-ouvrir de peur de se tromper. Mais la voix poursuit :

– Eh bien, Mélissa, regarde-moi, je suis revenue. J’ai tout fait pour te rejoindre. Intérieurement Mélissa est si heureuse qu’elle aimerait embrasser son reflet et le remercier.

– Je savais que sans moi, tu serais perdue. Nous allons pouvoir poursuivre nos recherches ensemble. Mais tout d’abord il faut que j’essaie de savoir où je suis car je ne suis pas revenue à mon point de départ.

Mélissa dit en pensant :

-Tu es passée dans une autre pièce du miroir. Peux-tu débloquer une autre porte ?

Le reflet se dirige vers la porte en verre qui rejoint la première pièce où il se était auparavant. La porte s’ouvre automatiquement lorsqu’il s’en approche, ce qui lui permet d’y pénétrer.

Mélissa dit muettement :

– Peux-tu revenir à la première porte d’où la fée bleue était sortie, j’ai bien réfléchi.

Le reflet s’exécute mais cette fois-ci la porte reste fermer. Machinalement, le reflet va vers la seconde porte lorsque Mélissa crie violemment mais toujours silencieusement. Son reflet sursaute pourtant. Enfin il réfléchit à ce que ce cri muet fait référence. Il ne doit surtout pas toucher ce second passage. C’est en effet par là qu’il a été aspiré et d’où il a failli ne pas revenir. Suivant les indications de Mélissa le reflet essaie d’entrouvrir une autre porte. Il a le choix entre deux. Cette fois il hésite tandis que Mélissa l’incite à choisir la porte couleur jaune. Timidement, il avance en direction de celle-ci et tout doucement tourne la poignée jusqu’à ce qu’il entende un petit déclic. La porte s’entrebâille et illumine la pièce d’un rayon de soleil dans lequel apparaît un étrange personnage ailé :

– Bonjour Mélissa, je suis l’ange du soleil et je suis là pour t’aider à retrouver ta voix, mais tu dois accepter une condition. Ton si joli petit nez va se transformer et il deviendra crochu avec un gros bouton sur le dessus.

Mélissa a beau essayer de se raisonner, elle n’arrive pas à se résoudre à cette alternative. Ce serait vraiment trop triste. Tous ses amis se moqueraient d’elle et elle ne le supporterait pas. Elle préférait encore rester muette que de devenir laide. L’ange du soleil lit dans ses pensées et disparaît aussi vite que la fée bleue précédemment. Le reflet est si triste de s’apercevoir que Mélissa n’a pas changé. Son obstination la perdra. Elle réagit comme une enfant gâtée. La situation est insoluble. Mélissa ne récupérera jamais sa voix et le reflet ne quittera plus ce triste miroir. Il est abasourdi de ce qui vient de se passer qu’il n’entend pas Mélissa penser :

– Allez, réagis, va ouvrir la seconde porte.

Mais le reflet ne voit plus l’utilité d’agir. Il reste inerte, sans aucune réaction. Puis comme piqué par quelque chose, le reflet se met à crier :

– Tu ne grandiras donc jamais. Seule ta petite personne t’intéresse. Tu ne penses pas aux autres, ni à moi-même qui suis enfermé dans cet horrible miroir qui ne cherche qu’à me faire du mal. Puisque tu ne veux rien faire pour moi, je ne ferai plus rien pour toi. Adieu.

– Non, je t’en prie, j’ai sans doute mal réagi, mais tu sais, j’ai tellement l’habitude d’avoir tout ce que je veux que je ne comprends pas qu’on puisse me refuser quelque chose. Je te promets de me comporter mieux la prochaine fois.

Le reflet se rend compte de la gravité de la situation mais hésite. Pourtant s’il veut se sortir de ce piège, il doit collaborer avec Mélissa. Leur seule chance de pouvoir un jour se rejoindre est de se soutenir dans les moments difficiles. C’est ainsi que le reflet revient vers Mélissa. Que doit-il faire ? Bien sûr tenter d’ouvrir la seconde porte. Tandis que le reflet se dirige vers une ouverture et la porte et s’apprête à l’ouvrir, Mélissa a un sursaut.

Elle est effrayée à l’idée de ce qui peut se y avoir derrière celle-ci. Et si un autre personnage lui demandait cette fois d’être boiteuse ou même bossue. Elle ne pourrait plus refuser. Elle n’aurait sans doute pas d’autre choix. Et à instant où le reflet allait appuyer sur la poignée, Mélissa se met à hurler si fort que son cri raisonne dans toute la maison :

– NON, NON NE FAIS PAS CELA. Nous devons bien réfléchir avant d’agir. Je suis prête à prendre le risque d’être vilaine ou stupide mais je ne veux pourtant pas qu’il t’arrive quelque chose. Je serais perdue sans toi. Agissons avec prudence.

Son reflet, le sourire aux lèvres regarde Mélissa avec beaucoup de tendresse et sait qu’à présent elle a su grandir et devenir raisonnable. Il est temps pour toutes les deux de se quitter pour mieux se retrouver. Le reflet se retourne doucement et avec le plus grand calme ouvre cette dernière porte et disparaît dans un nuage de fleurs multicolores et l’on entend au loin :

– Adieu Mélissa, Bonjour Mélissa.

Dans le même temps, la porte de la chambre de Mélissa s’ouvre brusquement et sa maman apparaît :

– Que se passe-t-il ma chérie, pourquoi as-tu crié si fort ?

– Ce n’est rien maman, je m’amusais toute seule, dit gentiment Mélissa à sa maman avec un grand sourire jusqu’aux oreilles. Puis elles s’avancent l’une vers l’autre et s’enlacent tendrement…

Depuis ce jour-là tout a changé.

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4 années il y a

Bonjour Marie,
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