Crépuscule Gris - Chapitre 4 (partie 2) | Fort Toral


Mke Mke

Publié le 19/05/2020 13:46
Mis à jour le 19/08/2020 19:29

7 mins de lecture

Chapitre 1 | La grotte de cristal

Chapitre 2 | Le désert 

Chapitre 3 | L’interprète

Chapitre 4 | Fort Toral (partie 1)


Résumé des chapitres précédents : Juan, Miguel, Franck, Julie et Marie faisaient partie d'une expédition qui visait à sécuriser une grotte dans une mine. Suite à un effondrement, ils ont émergé dans un désert inconnu. Après avoir perdu connaissance, ils se sont réveillés dans un village de montagne. Les habitants y parlent une langue inconnue et cet endroit est bercé par le cycle de deux soleils. Par un concours de circonstances obscur, Julie a appris la langue locale. Le groupe s'est fait capturer par des soldats chevauchant des griffons, qui les ont emmenés vers une forteresse. Julie s'est fait emmener hors de la prison par des gardes.




Les gardes emmenèrent Julie dans une salle haute de plafond, où brûlait un feu dans une imposante cheminée. Il y faisait plus chaud que dans leur cellule, mais la température restait bien loin de celle de son appartement. Devant la cheminée, deux fauteuils installés face à face. Dans celui à sa droite siégeait un homme d’un standing clairement supérieur à ceux qu’elle avait vus jusqu’ici. L’autre était vide. L’homme devait être dans la quarantaine, peut-être cinquantaine, les traits sévères et la peau fatiguée. Il ne portait pas de barbe, mais de longs cheveux gris plaqués vers l’arrière à l'italienne, vraisemblablement tenus par la crasse. Julie préférait ne pas savoir. Tout autour de la pièce, des gardes en armes aux aguets, prêts à intervenir.

- Bonjour Mademoiselle, asseyez-vous je vous prie, lui dit-il dans cette langue étrange qu’elle comprenait depuis peu. Il désigna le fauteuil vide. Comment vous appelez-vous ?

- Julie

- Bonjour Julie, je suis Gidas Ballin, seigneur de Toralir. Je ne vais pas tourner autour du pot : vous étiez sur mes terres, pourquoi ?

- Je n’en sais rien, nous sommes arrivés ici par accident

Il frappa sur son accoudoir, et fit sursauter Julie.

- Foutaises ! D’après mon lieutenant, non seulement vous fomentez des troubles dans mes villages, mais vous essayez aussi de piller mon or ! 

- Je pense que vous vous trompez, je ne suis personne, je n'ai aucune idée de ce que vous avancez

- Vous avez une dernière chance de me répondre honnêtement. Ce serait d'autant plus appréciable que la seule raison pour laquelle vous êtes encore en vie est l'intervention de mon guérisseur dans ce village miséreux. D'où venez-vous ? Les vêtements que vous portez ne sont pas ulrians ni duryens, n'essayez pas de me berner. Je vous conseille de bien réfléchir à votre réponse.

- Je vous répète que je n’ai aucune idée d’où nous sommes, ni de qui vous êtes, affirma Julie sentant monter la tension dans la pièce. Elle tournait nerveusement la tête pour observer les réactions des soldats autour d’eux. Nous nous sommes perdus dans le désert, et c'est comme ça que nous sommes arrivés dans le village.

- Il ne sert à rien de mentir. Personne ne vit dans le désert. Les habitants du village ont choisi de vous aider au péril de leur sécurité. Pourtant, je les ai bien éduqués à craindre ce qui leur arrive quand ils me désobéissent. Votre présence les a enhardis, on dirait. Ou bien ils ont cessé de me craindre, ce que je me ferai un plaisir de leur rappeler. Etes-vous en train de préparer une révolte ? Êtes-vous des peuples du Sud ? Des éclaireurs ? Êtes-vous venus avec des armes ?

- Quoi ? Mais de quoi parlez-vous ? Nous n’avons aucune intention de faire quoi que ce soit. Je vous jure ! Laissez-moi partir, je veux juste rentrer chez moi, dit Julie en posant son visage dans ses mains

- Vous mentez. Enfin, c'est sans importance. D’une façon ou d’une autre vous finirez par me dire ce que je veux savoir. Dommage, vous auriez pu rendre cela plus facile.

Il se jeta en arrière dans son fauteuil et fit en soupirant un geste plein de dédain pour qu'on évacue Julie. Deux gardes l'attrapèrent par les épaules et la soulevèrent. La jeune femme se débattit, mais ses pieds touchaient à peine le sol. L'un des gardes lui envoya un crochet dans l'estomac qui lui coupa le souffle. Sonnée, elle se laissa traîner sans résistance à travers plusieurs pièces sombres du bâtiment. Les gardes l’allongèrent sans ménagement sur une table en bois brut, lui attachèrent les mains et les pieds et l'abandonnèrent comme ça. Julie appela à l’aide, à pleins poumons, en vain. Après quelques minutes, elle entendit des pas provenir de derrière elle, puis une porte claqua. Julie essaya de tourner sa tête, vrillant son cou au maximum pour apercevoir furtivement une tenue similaire à celle de l’homme qui l’avait soignée.

- Bonjour ma chère, entama-t-il avec une voix d'une douceur suspecte. Comme nous allons passer quelques temps ensemble, je me dois de vous dire que tout cela n'a rien de personnel. Maître Ballin m'a demandé des réponses, et je dois lui en apporter. D'où venez-vous ? Mon élève a vu dans votre esprit des chariots en métal se déplacer sans chevaux, et des châteaux gigantesques qui touchent le ciel. Personne ne dispose de ce genre de pouvoir sur le Continent Ouest.

- C’est n’importe quoi ! Vous n’avez jamais vu de voiture ?

- Je ne sais pas ce qu’est une « watur », mais vous allez bientôt me le montrer

Il posa ses mains sur les tempes de la jeune femme, qui fut projetée dans une sorte de cinéma à trois dimensions. Comme lorsque le guérisseur avait saisi sa main. Les images étaient floues sur les bords, la seule portion nette étant celle sur laquelle elle focalisait son attention. Les images s'enchaînaient, l'intrus fouillait dans sa tête à la recherche de quelque chose. Elle se força à se concentrer sur des souvenirs sans importance, espérant pouvoir tromper celui qui sondait son esprit. Dans le même temps, elle essayait de retenir le maximum de visions qui lui arrivaient pour en apprendre plus sur le lieu où ils se trouvaient. La séance dura quelques minutes et l’inquisiteur apparemment satisfait quitta les lieux. Deux gardes vinrent chercher la jeune femme et la ramenèrent dans la cellule. Franck y était de plus en plus mal en point, Marie veillait sans relâche sur lui. 

- Est-ce que tu as vu ou entendu quelque chose qui pourrait nous aider à sortir d’ici ? demanda Marie

- J’ai aperçu l’extérieur, nous sommes à flanc de montagne, il y a de la verdure au loin. Cet endroit est rempli de gardes, je ne pense pas que nous aurons une chance de sortir par la force. Pour le moment nous sommes coincés.

Les séances d'interrogatoires se poursuivirent quotidiennement, jusqu'au jour où les gardes emmenèrent également Marie. Les deux femmes disparurent pendant de nombreuses heures.


Chapitre 4 (partie 3) | Fort Toral





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